Sujets tabous ?

Après le PACS légalisant de fait l’homosexualité en France, un autre pays européen la Hollande (ou les Pays-Bas) vient d’aller plus loin. Le 1er avril 2001, les premiers couples homosexuels viennent de "s’unir pour le meilleur et pour le pire" , devant l’officier de l’État civil. L’homosexualité, plus connue nos grandes villes, la pornographie, la consommation de stupéfiants, la prostitution, l’esclavage, la violence sur les femmes et les enfants sont quelques unes des tares de toute société humaine. Les pays africains courent-il le risque de voir un jour leur société légaliser l’homosexualité ? Faut-il ouvertement parler de toutes ces pratiques considérées comme tabous ? MUSOW ouvre les débats...

L’un des phénomènes les plus extraordinaires du dernier quart du siècle passé fut la transformation du monde en un "village planétaire". La télévision et, plus récemment, Internet ont fini de rapprocher les peuples du monde entier, au-delà des frontières naturelles ou artificielles. La conséquence directe de cette révolution dans la circulation de l’information est l’exposition de nos sociétés aux courants des civilisations plus fortes. La couche la plus sensible à ces influences est bien notre jeunesse.

L’homosexualité s’implante de plus en plus dans notre société. Le phénomène n’est pas nouveau mais il semble plus visible. Il est probable que les révélations à la télévision de l’homosexualité de vedettes de la musique, du cinéma, de la politique, du sport et de l’audio-visuel aient pu produire le déclic chez des personnes que la société condamnait à la clandestinité. Il y a quelques temps, les bamakois s’étaient indignés de la perspective de création d’une association d’homosexuels maliens. Cependant, certaines personnes affichent et réclament leur différence.

La prostitution, elle, est plus "endémique". Confinée dans le monde fermé des professionnelles, la prostitution officielle subit de nos jours une concurrence déloyale. Beaucoup de jeunes filles de la ville et des campagnes, des femmes mariées ou divorcées, des pseudo-vendeuses de rues se livrent à une prostitution parfois diurne, au mépris des dangers que cela comporte. La pauvreté grandissante et le relâchement des mœurs dans nos pays ne sont pas étrangers à cette éclosion.

Les nombreuses saisies de drogues par la police témoignent en faveur de l’utilisation du territoire malien comme transit des stupéfiants. La consommation locale de ces stupéfiants est devenue une habitude pour beaucoup de maliens, notamment les jeunes désoeuvrés qui sont à deux pas de sombrer dans la délinquance. On évoque aussi le cas de consommateurs à col blanc.

La grande majorité des revendeurs de vidéocassettes de Bamako proposent ouvertement des cassettes pornographiques. Depuis bientôt une décennie, la plupart des salles de cinéma qui subsistent proposent systématiquement des films pornographiques sans prendre de mesures particulières pour ménagers les passants (devant des affiches sans équivoque) ni pour protéger les enfants qui font partie de la clientèle.

L’esclavage se manifeste dans le traitement inhumain infligé aux milliers de jeunes filles des campagnes venues travailler en ville et dans les grands centres urbains comme "bonnes de maison" (certaines travaillent de 6 heures à 22 heures, 7 jours sur 7).

Les violences verbales et corporelles sur les femmes et les enfants et le harcèlement sexuel que subissent les femmes et les jeunes filles dans les lieux de travail, à l’école ou à l’occasion de demandes d’emploi, sont un peu moins connus mais non moins réels et humiliants pour les personnes qui en sont victimes.

Abandonnons la "politique de l’autruche" qui consiste à considérer tous ces phénomènes comme tabous, donc indignes d’être étalés au grand jour et au contraire, parlons-en ! Dans le cas précis des homosexuels, pensez-vous que nos sociétés risquent de perdre leurs repères si nous acceptons des changements tels que ceux suscités (ou autres plus appropriés) ? Ne sommes-nous pas prêts à accepter la différence ? Musow ne peut ouvrir les débats qu’avec votre participation, alors n’hésitez pas à réagir.