Violence conjugale : " Mon frère est battu par sa femme "

Voir un homme battre son épouse est un non événement. Mais, quand une femme bat son mari, alors... Le témoignage est à la fois émouvant et révoltant. Il y a des choses que notre société n’admet pas et que même le dernier des trisomiques aurait du mal à croire. C’est avec beaucoup de chagrin que Mohamed conte la mésaventure de son aîné O. C. qu’il considère comme un rebut de la société.

Marié depuis 12 ans à M. T., le foyer d’O. C., 47 ans, est devenu, selon son frère, un enfer terrestre. Tout serait parti du licenciement du mari il y a 5 ans, par une entreprise de la place pour détournement.

" Depuis cette année les misères de mon frère ont commencé. Il n’arrivait plus à assurer le train de vie familial qu’il avait instauré. Sa famille sombrait chaque jour dans une pauvreté indescriptible. Et comme un malheur ne vient jamais seul, C’est ce moment précis qu’a choisi sa femme pour le détruire ", explique Mohamed qui accuse M. T. d’être à l’origine du licenciement de son frère.

" Mon frère a pris l’argent au service pour permettre à cette femme de faire son commerce entre le Mali, le Togo et le Nigeria. Son commerce est florissant mais elle a refusé de venir en aide à son mari quand celui était dans les problèmes. Aujourd’hui, c’est elle qui a le dernier mot en famille ".

La vie d’O. C. se limite aujourd’hui à jouer à la belote et à se promener inutilement pour échapper aux brimades de son épouse pendant la journée, car la nuit impossible pour lui de mettre les pieds dehors.

Tous ses parents ont cessé de fréquenter sa famille depuis le jour où ils ont su que O. C. était souvent bastonné par son épouse. " Ce jour, explique Mohamed, j’ai failli tomber en syncope car j’ai entendu les cris de mon frère. Sa femme le battait dans la chambre parce qu’elle l’avait surpris en train de causer avec la bonne dans la cour à son retour du Togo ".

O. C. ne pipe mot à personne car en retour toutes ses dépenses sont prises en charge par sa femme.

" Imaginez qu’en 12 ans de mariage mon frère n’a qu’une fille née au moment où il était chef de famille. Maintenant, non seulement sa femme refuse de faire un autre enfant mais aussi elle ne veut pas divorcer ou permettre à mon frère de prendre une autre ", déplore son jeune frère.

La famille d’O. C. a commis des intermédiaires pour demander à sa femme de mettre un peu d’eau dans son vin comme quoi " la fin du monde n’est pas pour demain ".

S. B. vit une histoire similaire depuis 5 mois. Mais à la différence d’O.C., il n’est pas battu par sa femme. Il subit une autre forme de violence.

S. B. affirme qu’il payait chaque jour 5000 F CFA à sa femme comme prix de condiments. " Présentement, j’ai des difficultés financières et quand j’ai demandé à mon épouse d’accepter 2500 F elle m’a dit de tout laisser et qu’elle se chargerait désormais de tout. Elle est co-propriétaire d’une pharmacie ", témoigne-t-il.

Ces tristes histoires combien angoissantes et condamnées par la religion sont à la base de nombreuses ruptures dans les foyers.

Sidiki Y. Dembélé

juin 2005