Jeunes filles libérées : Quand l’habit fait le moine

Dans différents quartiers de notre capitale on voit de plus en plus de jeunes filles arpenter de nuit les trottoirs ou fréquenter des boîtes à filles ou carrément des maisons closes pour se livrer au plus vieux métier du monde, la prostitution. Sans fausse honte ces prostituées professionnelles ou occasionnelles racolent volontiers les clients, motivées qu’elles sont de se faire rapidement et facilement de l’argent.

D’autant plus facilement que certaines mêlent le profit au plaisir. La prostitution a un effet d’entraînement sur ces jeunes filles. Amies et copines se passent le bon tuyau c’est ainsi qu’elles sont entraînées dans l’engrenage du sexe. De fille en fille, le cercle s’agrandit.

L’époque s’y prête particulièrement bien. La tentation est partout et les hommes ont bien du mal à y résister. Ce sont ces filles de tous les milieux qui s’habillent impudiquement comme des top models allant à la parade, d’un défilé de mode. Elles portent des jeans jupes, des robes courtes qui moulent des parties intéressantes de leur anatomie, arborent des décolées plongeant sur des seins dressés, et un joli nombril dénudé à faire perdre la tête, à un saint.

JEU DE LA SEDUCTION

Dans les écoles du primaire au lycée et à l’Université, il y a une émulation remarquable chez ces filles qui rivalisent d’élégance et de provocation dans leur habillement pour le grand plaisir ou le grand malheur des maîtres et professeurs, obligés de faire face à ces olita et Mata-hari en herbe, ce n’est pas à cause principalement de leur attrait masculin mais plutôt à cause de la convoitise exagérée de ces charmantes demoiselles pour les notes sexuellement transmissibles (NST) et les moyennes sexuellement transmissibles (MST).

Ces filles sexy en diable, impudiques et effrontées ne reculent devant rien pour parvenir à leurs fins. On passe par de petits cadeaux, des invitations aux maîtres, le flirt au téléphone, pour finir au lit.

Il faut croire que beaucoup ne mettent pas trop de difficultés à succomber aux charmes de ces provocantes et plantureuses demoiselles. Ils devancent souvent même leurs désirs en brandissant ou en suggérant pour les séduire l’argument décisif de la note.

Les jeunes filles maliennes sont devenues très modernes, avec une nouvelle mentalité quant à la liberté du sexe, et un regard plus pragmatique sur l’une des choses primordiales de la vie, l’argent qui conditionne tout et donne tout.

DES FILLES BRANCHEES MAIS PAS NAIVES

Les besoins des filles d’aujourd’hui sont si nombreux. Leurs parents ne peuvent les satisfaire, encore moins leur petit ami attitré. C’est pourquoi elles se débrouillent pour se faire entretenir.

Elles sont autant de proies, faciles mais pas naïves. Il suffit d’un rien pour qu’elles soient entraînées dans la débauche parce que leur apparence physique dénudée par une tenue vestimentaire indécente comme ce que portent les héroïnes de leurs feuilletons télévisés préférés, est une invite non déguisée aux hommages masculins.

C’est le premier pas qui est le plus difficile. Après tout s’enchaîne, et la vie devient plus facile pour ces filles branchées. Les boîtes de nuit à la mode et les soirées branchées les excursions en groupe à la plage sont autant de lieux et d’occasions pour cette jeunesse de se pervertir dans des distractions osées (danses lubriques, streap-tease, échange de partenaires).

Tout cela se passe souvent dans l’ignorance des parents. Les filles prennent la précaution de camoufler leurs tenues provocantes sous des pagnes au moment de sortir. Une fois hors de leurs familles, elles donnent libre-cours à leur plaisir de s’habiller légèrement. Les établissements scolaires encore une fois sont les plus touchés par le phénomène.

La tenue obligatoire pour les lycéennes aurait permis de juguler leur tendance au nudisme, au moins dans l’espace scolaire, mais le courage de prendre cette mesure stricte a manqué aux responsables de l’école publique et gardiens de la laïcité.

C’est un moindre mal pour les décideurs politiques préoccupés à remettre l’école malienne à niveau, sur la voie de l’excellence. Ils ont vraiment d’autres chats plus importants à fouetter.

Oumar Coulibaly Nouvel horizon du 06 /06/2005