Les caprices de Marianne ", au service de la beauté de la femme

" Les Caprices de Marianne ", un des salons de beauté, les plus en vue de Bamako, et ayant surtout bonne réputation, a fait l’objet d’une visite de Musow ce mois-ci. La très charmante propriétaire Nadia Doumbia s’est gentiment prêtée à répondre à nos questions. Nadia est d’une étonnante jeunesse et fraîcheur. On lui donnerait facilement dix ans de moins. Face à notre grand étonnement, lorsqu’elle nous a révélé son âge, Nadia a dit en plaisantant : " Ceci prouve que mes soins marchent bien ! Alors ... "

Nadia, parlez-nous un peu de vous ? Ay, ay, ay, je parlerai volontiers et beaucoup plus facilement de mon salon. Je n’aime pas trop parler de moi-même, mais s’il le faut... Alors, je m’appelle Nadia Doumbia. J’ai 50 ans et je suis mère de 4 enfants. J’ai fait mes études de technicienne de beauté chez Lancôme à Paris en France, ainsi que des études de soins du corps comme les massages, la balnéothérapie chez Madeleine Maguin à Paris également. A la fin de mes études en 1978, je suis rentrée au Mali. De 1979 jusqu’en 1995, j’ai travaillé au salon " Votre Beauté ", qui appartenait à ma sœur. En 1995, j’ai volé de mes propres ailes, en ouvrant mon propre salon " Les caprices de Marianne ".

Qu’est ce qui vous poussé à être technicienne de beauté ?
Moi, en fait au début, c’est ma sœur qui m’a entraînée. Elle a été la 1ère esthéticienne au Mali. Je l’ai suivie, tout en n’étant pas convaincue. Mais, les clientes trouvaient que j’étais douée pour cela et petit à petit les choses sont venues...

Pourquoi un tel nom, " les caprices de Marianne ", ici au Mali ?
Je l’ai choisi pour deux raisons. Ma grande sœur avec qui je travaillais s’appelle Marianne et ma fille aînée porte également le même nom. Comme elles sont toutes les deux assez capricieuses et que j’avais également vu la pièce, je me suis dit pourquoi pas ce nom ? Il ne sonne pas mal, non, ajoute-t-elle en riant ?

Quels soins offrent " les Caprices de Marianne " aux clientes ?
Nous faisons les soins du visage, épilation à la cire, massage du corps, beauté des mains et des pieds, ainsi que la coiffure....

Quels appareils utilisez-vous ?
Nous avons les appareils à ozone pour la vapeur, haute fréquence pour le traitement de la peau, les casques à vapeur, séchoirs et fer à friser pour la coiffure. Je pense que nous sommes assez bien équipés.

Et votre personnel... ?
Madina kanté travaille depuis 1990 avec moi, elle est coiffeuse. Isabelle Bacqué est également coiffeuse mais s’occupe de la clientèle expatriée et Nana Ben Barka est stagiaire en esthétique et moi-même par finir.

Votre clientèle, est-elle variée ?
Nous avons deux types de clientèles, une malienne et une étrangère.
Les jeunes ont des préjugés, ils se disent que comme les européennes fréquentent chez moi, les prix doivent être très chers, or ce n’est pas le cas.
Les maliennes sont très coquettes et régulières, elle viennent une fois par semaine au moins pour se faire qui les pieds, qui les mains, ou qui une nouvelle coiffure. Notre clientèle étrangère est moins assidue. La clientèle européenne se coiffe beaucoup moins que la malienne. En général, mes clientes sont constantes.

Vos prix restent-ils abordables pour les maliennes ?
Je pense que oui. Nos prix ne sont pas très chers et mes produits utilisés pour les soins sont de très bonne qualité. Nous nous ravitaillons uniquement à l’étranger. Nos prix varient entre 10.000 à 15.000 Fcfa pour les soins de visage et de 3.000 à 30.000 Fcfa pour la coiffure suivant la couleur, permanente....

Faites vous de temps à autre des promos pour la clientèle ?
Nous faisons des forfaits en esthétique et coiffure. En fin d’année, les salons de la place augmentent généralement leurs prix, nous, nous les maintenons fixes, il n’y a pas d’augmentation. Mais actuellement, beaucoup de petits salons foisonnent dans Bamako et ils ont malheureusement cassé les prix.

L’approvisionnement, est-t-il facile pour vous ?
Absolument pas. C’est très difficile ici. C’est un véritable calvaire. Trois fois dans l’année, je vais m’approvisionner en Europe en bagages accompagnés. Car j’ai eu le malheur de faire plusieurs frets, et j’ai trouvé que tous mes produits avaient été volés. En tout cas, je parle par rapport à mes expériences à moi. Donc depuis, je fais toujours venir mes produits par bagages accompagnés pour ne plus avoir de mauvaises surprises. L’approvisionnement reste un véritable casse-tête ici.

Que pensez-vous de nos sœurs qui se dépigmentent la peau, un dangereux phénomène de mode ?
Je suis totalement contre les produits éclaircissants. Tâches, boutons, calvitie et même une perte de vue et au pire des cas, un cancer de la peau sont quelques conséquences de l’utilisation de ces produits. Des fois ici, lorsque nous faisons un simple gommage du visage chez certaines femmes qui se dépigmentent, sa peau se craquelle ou se détache par endroits entre mes mains. C’est effrayant !
Il faudrait que le gouvernement prenne des mesures pour contrer la rentrée de tels produits au Mali , qui sont extrêmement dangereux pour la santé des femmes qui les utilisent.
Elles utilisent n’importe quel produit pour se décaper la peau, sans contrôle, il faudrait vraiment que le gouvernement agisse, car le phénomène de dépigmentation est un véritable fléau.
En plus, ces femmes s’attrapent des mycoses à cause des produits qu’elles utilisent pour se dépigmenter la peau, leurs ongles sont noirs et rongés. Nous, ici après une intervention sur elles, nous devons soigneusement stériliser nos appareils si nous ne voulons pas de risques de contamination de la clientèle

" Les caprices de Marianne " ont-elles une touche particulière ?
Avec un grand éclat de rire Nadia nous répond tout sourire : l’accueil et la propreté des lieux, sans doute !

Votre dernier mot
Pour conclure, j’aimerai que les femmes viennent très nombreuses aux " caprices de Marianne ". L’accueil et le service y sont garantis ! Nous les y attendons pour les servir le mieux possible !

SND

(17/11/2003)