Madame Gueye Awa Thiam sénégalaise, propriétaire de "Touba Coiffure"

Pouvez-vous vous présenter à nos lectrices ?

Je suis Mme Gueye Awa Thiam, coiffeuse de profession, propriétaire du salon de coiffure "Touba Coiffure" qui se trouve au Badialan II sur la rue Soundjata. Je suis issue d’une famille où toutes les femmes savent tresser. Mais je suis la seule à faire de la coiffure un métier.

Pourquoi avez-vous donné le nom"Touba" à votre Salon ?

Je suis Sénégalaise, originaire de Touba qui est un lieu de pèlerinage pour les Mourides au Sénégal. Touba est très important pour moi alors si mon salon porte son nom, c’est pour garder mes racines.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussées a ouvrir un salon de coiffure à Bamako ?

Je n’ai pas choisi Bamako. Vous savez, une femme doit toujours suivre son mari. Le mien est bijoutier et a élu domicile à Bamako. A Mon arrivée à ici, j’ai commencé par coiffer mes compatriotes dans ma maison et quand les femmes de mon quartier ont appris cela, je recevais tout le temps des clientes chez moi. Après quelques temps, j’ai constaté que ma salle de séjour ne pouvait pas servir continuellement de salon de coiffure, c’est à ce moment que l’idée de "Touba coiffure" est née.

Avez-vous le soutien matériel ou moral de votre entourage ?

Oui, surtout celui de mon mari qui du reste m’aide à surmonter les périodes difficiles. Avec les difficultés actuelles, chacun de nous doit penser à être productif et moi je pense que s’il existe une complémentarité au sein du foyer, cela peut engendrer le bonheur.

La coiffure a-t-elle un secret ?

Certes, il y a un secret : c’est la persévérance et le travail. C’est seulement ce qui permet d’atteindre ses divers objectifs.

Bientôt la fête internationale des femmes, quel appel avez-vous à lancer à vos soeurs ?

C’est de travailler, de revendiquer nos droits comme : le droit de prendre part aux décisions qui nous concernent, le droit à l’éducation de nos filles, le droit de travailler au même titre que les hommes si nous en avons la capacité et la compétence requises tout en restant bien sûr une femme, autrement dit, en respectant nos maris et en nous occupant de nos enfants. C’est cela, selon moi, la véritable émancipation.