Mme Zouboye Fatimata Dicko, mariée et mère de 3 enfants, est installée comme notaire au Mali, depuis 1991.

Femme charmante et instruite, maître Zouboye, diplômée de la faculté de droit à Reims (France) et notaire depuis une décennie, s’est prêtée volontiers aux questions de Musow, en son étude sise à l’immeuble ABK1de l’ACI 2000.

Maître, en quoi consiste le travail de notaire ? Le notaire est un officier ministériel, chargé d’authentifier les actes qu’il reçoit ; il en délivre les copies et actes. Le notaire sécurise les transactions, en conseillant les parties sur la portée de leur engagement. C’est ainsi un marchand de paix et de sécurité.

Le Mali compte combien de notaires ? et combien de notaires femmes ? Nous sommes 29 notaires dont 7 femmes, installés à Bamako, Ségou, Mopti, Kayes, Sikasso et Koutiala.

Pourquoi avez-vous choisi d’être Notaire et pas Magistrat ou Avocat. Avant mon baccalauréat, je voulais faire la magistrature mais j’ai eu la chance de rencontrer Maître Yacinthe Lat Senghor, un des tous premiers notaires du Sénégal, qui m’a parlé de cette profession en soulignant les avantages de son caractère liberal. Depuis ce jour j’ai décidé de suivre le cursus de droit et de faire une spécialisation de notaire.

Vous êtes une femme instruite et intelligente, comment la société vous voit-elle ? Tout cela dépend de l’attitude que l’on a vis à vis du public. Pour ma part, je n’ai jamais eu de difficultés de communication avec les gens (public, client) Je pense qu’il faut savoir rester naturel et simple. Je sais me mettre au niveau de mon interlocuteur.

En tant que notaire et femme, que faites-vous concrètement pour vos concitoyennes démunies ? Je suis secrétraire générale de l’association des juristes maliennes (AJM) dont le siège est à Niaréla dans la rue de l’hôtel Tenesse (Rue 427 Porte 537) et qui abrite la clinique juridique. Cette organisation donne l’assistance juridique et judiciaire gratuites aux femmes démunies. A travers elle, j’apporte ma modeste contribution à la formation et l’information juridique de nos soeurs.

Vos rapport avec les notaires hommes. Mes relations avec mes confrères sont empreintes de confraternité et de cordialité.

Le sexe est-il un facteur préjudiciable dans l’exercice de vos fonctions ? Non. Le genre n’a pas d’effet direct sur mes activités. Vous savez, au Mali, les clients arrivent par affinité et ensuite on les retient par la compétence et la disponibilité. Je ne pense pas que la connotation de sexe ait une quelconque influence.

Avec tant d’activités, votre travail n’empiète-t-il pas sur vôtre vie familiale ? (sourire) Oui, j’avoue franchement que je passe plus de temps au bureau qu’à la maison. J’ai la chance d’avoir une maman qui s’occupe de mes enfants. Je pense que le rapport travail-famille est une recherche d’équilibre. Si je ne travaillais pas, j’aurais tout le temps pour les enfants et les autres obligations, mais je ne pourrais pas leur offrir tous les loisirs, l’éducation et les soins qu’ils sont en droit d’attendre.

Etes-vous une femme heureuse ? Je crois que je peux rendre grâce à Dieu. Je ne suis pas parmi les maliennes les moins désavantagées par le sort.

Un appel à l’attention des femmes ? Je voudrais que les femmes maliennes assument leur citoyenneté et qu’elles ne servent plus de marche-pied aux hommes.

Propos recueillis par Séga Sissoko