Comme toute technologie d’Information et de communication (TIC), le téléphone mobile a accru la liberté dans tous ses contours. Les femmes, surtout les jeunes filles, en profitent pour s’épanouir au figuré comme au propre. A quoi sert cette nouvelle liberté technologique pour la gente féminine ? Musow a mené l’enquête pour vous.
« La téléphonie mobile m’a donné plus de liberté et plus d’opportunités d’affaires », pense Alima, l’une des nombreuses femmes d’affaires sur l’axe Bamako-Dubaï.
« Avant le téléphone portable, avoir un téléphone chez soi était la croix et bannière. Puisque c’est généralement le chef de famille qui payait la facture, peu de femmes avaient le privilège de l’utiliser dans le cadre de leurs affaires personnelles. Mais, avec mon portable, je suis devenue plus indépendante et autonome. Je ne suis même plus obligée de me déplacer tout le temps pour satisfaire ma clientèle. Je peux faire aujourd’hui des commandes par téléphone ou par mail et on me les envoie dans les meilleurs délais. Et étant à Dubaï, je peux appeler les clients, sans risque de les rater, pour changer leurs commandes en cas de rupture de stock. Les nouvelles technologies ont donc changé beaucoup de choses pour nous les femmes d’affaires », dit-elle.
Des teinturières, des couturières et des coiffeuses... sont également de cet avis. « Un simple coup de file avec un correspondant à Bamako me permet aujourd’hui de connaître le prix du bazin riche dans la capitale malienne et de me faire une idée sur les nouvelles tendances de la teinture.
"Le portable a facilité la circulation de l’information et à multiplier les opportunités d’affaires », reconnaît Mlle Viviane Zongo, promotrice d’un atelier de couture à Ouagadougou (Burkina Faso).
En général, les femmes ne tarissent pas de commentaires par rapport aux facilités et aux nouvelles commodités de business que leur offre le téléphone portable.
Sur le plan politique, l’épanouissement est tout aussi garanti. « Il n’y a pas d’épanouissement socio-économique et surtout politique sans liberté de communication.
La technologie du mobile est en train de féminiser le téléphone, jadis un outil de prestige pour les hommes. Nous nous appelons et échangeons nos idées sur diverses questions.
La Sensibilisation, l’information et l’éducation politique sont ainsi assurées. Tout comme l’éveil des consciences s’accélère », reconnaît une candidate malheureuse aux dernières élections municipales en Commune IV du district de Bamako.
La liberté !
Les jeunes filles et femmes la voient surtout sous l’angle de la discrétion et du romantisme. « Avant le téléphone mobile, il fallait être courageuse pour accepter qu’on t’appelle à la maison parce qu’après le coup de fil, il fallait se soumettre à l’interrogatoire des parents : C’était qui ? Que voulait-il ? Pourquoi un tel t’appelle si fréquemment ?... On ne pouvait pas échapper à ces questions. Et les parents pensaient que derrière chaque coup de fil, il y avait une histoire d’amour cachée », rappelle Mlle Catherine Sidibé, une jeune et brillante étudiante de l’Institut universitaire de gestion (UIG) de Bamako. Il est donc évident que le Global system mobil (GSM) a libéré les lolitas et les midinettes.
« Avec le téléphone portable, on n’a de compte à rendre à personne. On échange nos idées géniales, on improvise les sorties et on communique discrètement avec nos copains et copines », souligne Coumba, étudiante à la Faculté des lettres, des arts et des sciences humaines (FLASH).
Tout va donc bien dans le meilleur du monde de ce XXIè siècle. Sauf que la liberté a aussi ses revers.
La débauche en ligne
« Si le téléphone portable donne plus de liberté aux filles, il pousse aussi beaucoup d’entre elles à se pervertir, à se prostituer... Pour la grande majorité des filles qui ont un téléphone de nos jours, ce n’est qu’un simple effet de mode et non un outil de travail. Pour être une branchée de nos jours, il faut avoir une Jakarta (Scooter importé d’Asie) et un téléphone portable. Et pas n’importe quel appareil. Ce qui fait que certaines filles se croient obliger de se prostituer pour s’offrir le luxe de posséder un téléphone », dénonce Madina Bah, informaticienne dans un organisme international.
Les filles ne relèvent pas l’accusation. Toutes nos interlocutrices ont juré la main sur le coeur qu’elles ont honnêtement gagné leurs téléphones qui sont le plus souvent offerts par les parents, les frères, les amis...
N’empêche que chacune d’elles est consciente que tel n’est pas le cas pour tout le monde. Sans compter qu’avoir le téléphone est une chose et avoir les moyens de l’approvisionner en crédit en est une autre.
« Les filles passent tout leurs temps à biper. Je me demande comment beaucoup d’entres elles ont pu s’offrir cet outil de communication », s’interroge Issa Kanouté, un jeune étudiant de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS).
« Il est facile de s’attaquer à nous les filles. Ce qu’on ne dit pas, c’est que le téléphone portable est aujourd’hui le premier outil de l’infidélité dans les ménages. Des mères de famille se font draguer à longueur de journée par le portable. Et le plus souvent, ce sont elles qui prennent l’initiative de se faire draguer par un homme riche ciblé d’avance. Elles y prennent goût. Et l’adultère tourne vite à la prostitution clandestine en ce temps de galère généralisée », accuse FT, une étudiante en sociologie de la FLASH.
« Les nouvelles technologiques de l’information et de la communication en général, le téléphone portable en particulier, ont apporté trop de liberté aux femmes et à leurs filles. Si elles sont devenues indispensables à l’Homme à cause de leur rapidité, de la liberté d’expression et de l’ouverture d’esprit, elles représentent aussi un aspect négatif... D’une façon générale, le portable est en train d’accentuer le vagabondage et le libertinage sexuel et beaucoup d’autres formes de débauches dans nos sociétés. Et les hommes cocus sont de plus en nombreux pas la faute du téléphone portable », rappelle Mme Ouédraogo Fatoumata Sy, caissière dans une société d’informatique à Ouagadougou (Burkina Faso).
Mme Ouedraogo Fatoumata Sy
Elle ajoute que « c’est une source de liberté que nous détournons à d’autres fins moins nobles. C’est pourquoi le portable crée trop de problèmes dans les foyers et dans la vie sociale... Je pense qu’il devenu un outil de propagation des IST (Infections sexuellement transmissibles) et surtout le VIH/Sida à cause de l’adultère et de la prostitution qui sont liée à sa possession ».
La liberté vire donc facilement au drame. Frivoles, perverses, prostituées... les filles et les femmes disent ne pas souvent avoir le choix. Mais, la cupidité poussant les une et les autres à prendre des risques insensés et irresponsables, les IST et le VIH/Sida sont toujours à l’affût pour confisquer cette liberté offerte par la révolution technologique.
Et comme le dit Einstein, « science sans conscience » est toujours ruine de l’âme. L’abus de la liberté ou la soif du luxe, la volonté de posséder un téléphone à tout prix peut réserver des surprises dramatiques pouvant conduire à six pieds sous terre.
Un drame qui ne se partage pas, hélas, par le Global system mobil.
Allô ! Le destin en ligne ?
Aïssata Bâ
Le piège !
Le téléphone mobile est de plus en plus source de problèmes conjugaux. Des maris ou des épouses jaloux qui subtilisent le portable du conjoint pour vérifier leurs appels et les messages reçus. Voilà une réalité vécue par beaucoup de couples. Ça tourne facilement à la méfiance, à la suspicion voire au divorce. Cette histoire s’est récemment passée dans notre voisinage dans un quartier de la commune VI du district de Bamako.
Madame M. avait pris la mauvaise habitude de rentrer tard à la maison depuis un certain temps. Elle était toujours « retenue au bureau » par son patron. Un jour, en passant par l’ACI 2000, son mari a vu sa voiture garée. A quelques pas, il vit sa femme en train de se faire embrasser goulûment dans une luxueuse Mercedes. Son coeur se mis à battre la chamade. Malgré sa peine, il est parvenu néanmoins à se contrôler.
Pour s’assurer que c’était réellement sa femme et son amant, il l’appela sur son portable.
– Allô chérie, tu es toujours au bureau ?, demanda-t-il
Il vit sa femme chercher son portable dans son sac et décrocher.
– Oui mon trésor. Mon patron doit participer à une rencontre internationale à Dakar, je prépare les documents qu’il doit y présenter.
– J’espère au moins qu’il va te payer gracieusement toutes ses heures supplémentaires, dit l’époux cocu.
– Ne te fais des soucis pour cela. Mes heures supplémentaires sont entièrement payées.
Au fil de la conversation, le mari s’était approché des tourtereaux sans que ceux-ci ne se rendent compte de rien.
– Je n’en doute pas parce que ces heures supplémentaires lui apportent plus de plaisir que le travail normal, dit notre ami.
– Que veux-tu insinuer là chéri ?
Sur ce fait, le mari ouvrit la portière et dit :
– Je n’insinue rien. Je dis ce que je vois !
Les habits froissés, les cheveux en désordre, la surprise... Tout trahissait la pauvre épouse frivole qui revenait ainsi d’une chambre d’hôtel avec son amant. Elle tenta néanmoins de donner des justifications bafouillées.
D’ailleurs le cocu ne lui donna pas ce temps. Il poursuivit sa route. A son arrivée, il trouva son épouse infidèle tremblotante dans la chambre à coucher. Pas de reproches, pas d’injures, pas de coups. Le mari fit semblant d’avoir déjà oublier ce qu’il venait de surprendre : il a ignoré sa femme !
Davantage humiliée par une telle indifférence, celle-ci finit par abandonner le domicile conjugal. Interrogée par ses amis, ses beaux-parents et ses propres parents sur la raison du départ de sa femme, il répondait : allez lui demander à elle-même. Le divorce s’est imposé d’autant plus que Madame ne pouvait plus regarder Monsieur dans les yeux.
Et ce n’est que plus tard, que beaucoup de gens apprirent la raison de la séparation du couple. La femme ne s’est plus jamais montrée dans le quartier !
A.B
Le « Kamalenba » à la trappe
Au cours de notre enquête, nous avons eu ce témoignage de la part d’une étudiante que nous allons appeler Zeïnab.
« Abdoul est un playboy qui m’a longtemps fait la cour avant que je n’accepte de sortir avec lui. Mais, très tôt, je me suis rendue compte que c’était un Kamalenba (coureur de jupons). Son regard sur la croupe des filles en disait sur ses intentions. Et je ne mis pas de temps à savoir qu’il avait beaucoup de copines. Naturellement, il a toujours nié. Sur les conseils d’une amie, je décidais de luis tendre un piège par le téléphone portable. Je me suis servi du téléphone d’une cousine pour le draguer par des SMS et voir sa réaction."
– Bonjour, je suis une étudiante et je suis profondément amoureuse de vous. J’ai eu votre numéro par hasard. Ne sachant pas quelle sera votre réaction, j’ai longtemps hésité avant de vous écrire !
Et j’ai signé Catherine
Il me répondu :
– Je suis très honoré par cet aveu. Mais, je ne vous ai pas vue et je ne sais pas qui vous êtes. Je ne peux donc pas m’engager !, me répondit-il.
– Vous ne me connaissez pas, mais je vous connais. Vous êtes un célèbre animateur d’une radio et nous sommes rencontrés plusieurs fois. Mais, vous ne m’avez pas remarqué. On peut se voir quand tu veux.
– Que fais-tu ce week-end ?
– Rien ! Tu m’invites ?
– Sans problèmes. Dis-moi seulement où je peux te trouver.
Je lui ai dit que mon adresse était très compliquée et qu’il n’allait pas facilement me retrouver. Je lui ai demandé de me retrouver plutôt au Byblos en lui disant comment j’allais être habillée pour qu’il m’identifie vite. Le rendez-vous fut donc callé. Le Don juan ne se douta de rien.
Et lorsqu’il me vit ce jour en entrant au Byblos, c’est comme si la terre s’écroulait sous ces pieds. Il se mit à suer à grosses goûtes.
– Que fais-tu là ?, osa-t-il me demander
– Je t’attendais. Nous nous sommes donnés rendez-vous ici non...
Avant que j’en finisse, il s’enfuit sans demander son reste. Je ne l’ai plus revu depuis ce jour. Même si je l’aimais beaucoup, je ne le regrette, pas parce qu’une pareille ordure ne méritait pas mon amour.