La lèpre ou maladie de hansen

La lèpre existait depuis la nuit des temps. Les civilisations antiques en Chine, en Egypte et en Inde, ont connu la lèpre.
La toute première mention écrite de la lèpre remonte à 600 avant Jésus-Christ.
La lèpre est une maladie chronique provoquée par le bacille Mycobacterium leprae, découvert en 1873 par ARMAUER HANSEN, bactériologiste norvégien, d’où le nom de bacille de Hansen utilisé parfois. La lèpre n’est pas héréditaire.

Sur les plans psychique et social, la lèpre a des répercussions désastreuses. Et tout au long de l’histoire, à cause de la crainte, de la superstition, de l’ignorance entourant la maladie, très souvent le malade est rejeté, stigmatisé et exclu par sa communauté et sa famille. Par peur d’être bannis de la société, nombre de malades dissimulent leur maladie jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
De nos jours, ce rejet existe toujours malheureusement.
Le 30 janvier1954 a été instauré comme la Journée Mondiale des Lépreux, grâce à Raoul Follereau, infatigable défenseur des lépreux à travers le monde.

Situation de la lèpre dans le monde
Vu la répartition géographique de la lèpre, nous pouvons dire qu’elle est la maladie du sous-développement et de la carence.
En effet, conditions de vie difficiles des populations, pauvreté, ignorance, manque d’hygiène, état nutritionnel, conflits, favorisent le facteur épidémiologique et mettent un frein à la lutte contre la maladie.
Depuis 1985, plus de 14 millions de malades ont été guéris, grâce à l’application généralisée de la polychimiothérapie antilépreuse (PCT).
Mais, faute de vaccin, on n’a toujours pas réussi à stopper la chaîne de transmission du bacille dans la population.
L’OMS estime qu’il existe aujourd’hui 2,8 millions de lépreux dans le monde.
Chaque minute, une personne est contaminée par la lèpre et toutes les dix minutes, c’est un enfant qui est touché par ce fléau.

De nos jours, la lèpre reste un problème de santé publique dans 6 pays d’Afrique (Angola, Mozambique, République Centrafricaine, RDC, Tanzanie et Madagascar), 2 d’Asie du Sud-Est (Inde, Népal) et 1 d’Amérique Latine (Brésil), où le but de l’élimination n’a pas encore été atteint.
En 2004, ces pays regroupaient ensemble 84% environ des nouveaux cas détectés contre 74% des cas enregistrés en début 2005.

Symptômes
Le premier symptôme visible de la lèpre est l’apparition de taches cutanées.
Au niveau de la tâche, la peau est insensible.
Les bacilles, logés essentiellement dans les tissus de la peau et dans certains nerfs, peuvent être la cause de la perte de la sensibilité ou d’une paralysie.

Transmission de la maladie
Les voies de pénétration habituelles sont respiratoire et cutanée.
Elle est transmise par des gouttelettes d’origine buccale ou nasale, lors de contacts étroits et fréquents avec un sujet infecté et non traité.

Evolution
Mycobacterium leprae se reproduit très lentement, son réservoir est en général humain. Il se multiplie en moyenne une fois tous les douze jours. Sa période d’incubation dure généralement de nombreuses années (entre 2 et 10 ans, voire 20 ans).

Selon les défenses que l’organisme humain oppose à la multiplication des bacilles, la lèpre peut prendre deux formes : la forme bactérienne amoindrie paucibacillaire (PB) (pauvre en bacilles), avec une à cinq lésions cutanées insensibles, c’est la forme la moins étendue et la moins contagieuse et la forme bactérienne accrue multibacillaire (MB) (riche en bacilles) avec plus de cinq lésions cutanées insensibles, qui est la forme la plus étendue, la plus contagieuse.

Les lésions et les séquelles
Très invalidante, la lèpre provoque principalement des lésions cutanées et nerveuses.
Les bacilles, logés essentiellement dans les tissus de la peau et dans certains nerfs, peuvent causer la perte de la sensibilité ou une d’paralysie.
C’est cette perte de sensibilité, plus que la maladie elle-même, qui est responsable des dommages occasionnés aux mains, aux pieds, comme les paralysies, rétractions tendineuses, maux perforants, dislocations articulaires, ainsi que des difformités faciales comme l’effondrement du nez, qui, souvent, font partie d’une lèpre non traitée ou négligée.
Elle est également une des causes les plus communes de la cécité, des brûlures non ressenties, traumatismes et des complications viscérales des testicules, reins....

Traitement actuel
La lèpre se guérit  !
Grâce à un traitement précoce, nombreuses incapacités peuvent être évitées.
Avec les seuls signes cliniques, une formation minimale suffit pour diagnostiquer la lèpre.
Un groupe de travail de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recommandé la Poly Chimio Thérapie (PCT) en 1981.
La PCT est sûre, efficace et facile à administrer sur le terrain. Grâce à la polychimiothérapie, on est passé d’un traitement à vie, à un traitement en 6 ou 12 mois, selon la forme de la maladie paucibacillaire ou multibacillaire.
La PCT comprend trois médicaments : la dapsone, la rifampicine et la clofazimine.
La Dapsone (DDS) : (Disulone) est bactériostatique vis-à-vis du bacille de Hansen.
La Rifampicine (Rifadine, Rimactom) est bactéricide.
Elle est actuellement considérée comme étant le produit antibacillaire le plus puissant.
La Clofazimine (LAMPRENE) est bactériostatique vis-à-vis du Bacille de Hansen.

râce à cette association médicamenteuse, l’agent pathogène est détruit et guérit le malade.
Dès la première dose de PCT, les malades ne sont plus contagieux. En d’autres termes, la transmission de la lèpre est interrompue.

Les risques de rechutes (réapparition de la maladie une fois le traitement terminé sont quasiment nuls.
Jusqu’à présent, aucune résistance du bacille à la PCT n’a été mise en évidence. Selon l’OMS, grâce au dépistage précoce et au traitement par la PCT, 3 à 4 millions de personnes ont échappé aux incapacités.
A ce jour, il n’existe pas de vaccin anti-lèpre. Mais la connaissance du génome de la lèpre a ouvert de nouveaux espoirs pour mettre au point des méthodes de dépistage plus efficaces et un traitement court, aujourd’hui à l’étude. Ces travaux sont menés grâce au soutien de l’Association Française Raoul Follereau.

Historique du traitement
Vers les années 40, la première étape décisive a eu lieu avec la mise au point de la dapsone qui a permis de stopper la maladie et qui est resté jusqu’au début des années 60 comme le seul médicament antilépreux connu dans le monde.
Ce traitement durait des années, parfois même toute la vie, chose assez difficile à suivre pour les malades.
Dans les années 60, Mycobacterium leprae a commencé à résister à la dapsone.
Aussi, la rifampicine et la clofazimine, les deux autres composantes de la PCT, ont été découvertes au début des années 60.

Sources :
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs101/fr/
http://denguezli.tripod.com/cours/LEPRE.html
http://www.lepramission.ch/que.php?lg=fr
http://www.raoul-follereau.org

Carte de la lèpre dans le monde

Article : Entre conformismes et changements : le monde de la lèpre au Mali
http://perso.wanadoo.fr/anthropologique/ARTICLES/Publi1.html