Maitre Kouma née Mariam Diawara

Agée de 44 ans, mariée et mère de famille, Maitre Kouma a fréquenté le lycée de fille de Bamako (actuel Lycéé Ba Aminata Diallo) de 1973 à 1976. Munie de son bac littéraire, elle entra à l’institut Gamal Abdel Nasr de Conakry où elle obtint une licence en droit en 1981.

Devenir avocate, était-ce pour vous un rêve de jeune fille ? Je crois que c’est mon grand-père paternel qui m’a dit de choisir cette voie. Le reste appartient à Dieu. Il faut reconnaître qu’à l’époque il y avait très peu de jeunes avocats.

Quelles sont les causes que vous défendez ? (Rires) Cela ne dépend pas toujours de moi mais du problème auquel mon client est confronté. Il y a un peu de tout.

Tenir un cabinet ne doit pas être chose facile tous les jours... Certes, je rencontre des difficultés, ceci dit, ils en existent dans toutes les entreprises. Au début, j’ai pu bénéficier de prêts pour mon établissement sans oublier les apports moraux de mon époux.

Maître, vous est-il arrivé de perdre des procès ? Oui souvent, je perds des procès mais vous savez, il ya toujours des voies de recours

Lesquelles ? Il nous est possible de faire appel par exemple si nous estimons que le droit n’a pas été dit.

Ces procedures sont le plus souvent interminables et vos honoraires exorbitants, qu’en dites-vous ? (Rires) Si le client estime qu’il a les moyens de soutenir un procès, notamment prendre un avocat, il le fait. Il ya des fois où les avocats sont commis d’office, en ce moment la question d’honoraire élévé ne se pose pas ; mieux il nous arrive aussi de defendre des gens démunis, c’est une question d’appréciation.

Qu’est-ce qui vous marque le plus à la sortie d’une audience ? Quand le droit est dit, et si je parviens a faire libérer un prisonnier de ses liens de culpabilité, alors là je suis très contente. La marque de reconnaissance d’un homme libéré fait réellement plaisir.

Vous êtes femme, brillant avocat. Que faites-vous pour servir vos soeurs qui n’ont pas eu la même chance que vous ? Je fais partie de l’association des juristes maliennes, une structure dont un des objectifs est d’amener les femmes à comprendre leurs devoirs et de revendiquer leurs droits dans la modération et la légalité. Je milite beaucoup pour la cause des femmes et je fais également de la politique en se sens. J’ai organisé les femmes de mon village natal, où mon père assure d’ailleurs le rôle de chef de village (Boky Wéré), en une association afin de leur enseigner leurs droits et expliquer clairement leurs devoirs.

Vos rapports avec la société en général et les avocats hommes en particulier ? Ben, ce sont des rapports cordiaux, de respect mutuel et surtout de confraternité. La société étant constituée d’hommes et de femmes, nos rapports ne peuvent et ne doivent être que complémentaires et non conflictuels, car dans l’attente on peut tout regler.

Votre mot de la fin à l’attention des femmes ? C’est une invitation à chercher à connaitre leurs devoirs et les accomplir sans faille et à savoir leurs droits pour les revendiquer dans le respect et la dignité.

Propos recueillis par Mamadou Séga Sissoko