La tuberculose

Historique

Depuis le temps d’Hippocrate, la tuberculose a été décrite sous le terme grec de « phtisis », comportant une connotation de dépérissement progressif des malades atteints. Aristote de son temps, avait soupçonné sa nature contagieuse, observant « l’air pernicieux » et la « production de maladie ».

Cependant, ce n’est qu’à partir de la révolution industrielle que la tuberculose a été reconnue comme problème majeur de Santé publique. Au 18ème et au 19ème siècle, la tuberculose était responsable de 25% des décès dans les villes européennes

Soupçonné dès 1865 par Villemin, le caractère microbien de la tuberculose, a été formellement démontré en 1882 par Robert Koch qui colore et fait pousser le bacille responsable sur sérum coagulé. La même année, Ehrlich met en évidence son acido-alcoolo-résistance qui est révélée dès 1883 par la méthode de coloration de Ziehl et Neelsen.

De 1908 à 1920, Calmette et Guérin mettent au point le vaccin qui porte leurs noms, le bacille de Calmette et Guérin (BCG), employé pour la première fois en 1921. En 1944, Waksman découvre la streptomycine, premier antibiotique actif sur le bacille tuberculeux. Puis viennent, en 1949, l’acide para-amino-salicylique (PAS), en 1952, l’isoniazide et, après plusieurs autres antibiotiques d’intérêt secondaire, comme en 1967 la rifampicine.

Depuis une quinzaine d’années, la tuberculose est en recrudescence dans le monde : environ 10 millions de nouveaux cas par an sont déclarés et 3 millions de personnes en décèdent chaque année. Chaque jour, plus de 20 000 personnes contractent la tuberculose et 5 000 en meurent...La tuberculose représente un problème majeur de santé publique dans les pays pauvres (Asie, Amérique du Sud, Afrique).

La prévention de la tuberculose repose sur la vaccination par le BCG, obligatoire.

La maladie, le bacille

La tuberculose est une maladie infectieuse causée par un germe le bacille de Koch appelé Mycobacterium tuberculosis. Comme un rhume banal, elle se propage par voie aérienne. L’homme est le seul réservoir du germe et représente le principal agent de transmission de la bactérie.

Seules les personnes dont les poumons sont atteints peuvent transmettre l’infection. Lorsqu’elles toussent, éternuent, parlent ou crachent, elles projettent dans l’air les germes de la maladie, appelés bacilles tuberculeux (Il y a environ 3000 gouttelettes par accès de toux). Il suffit d’en inhaler quelques-uns pour être infecté.

Généralement, le germe entraîne une infection au niveau des poumons, mais il arrive aussi que de nombreux autres organes soient atteints par la maladie.
Une personne atteinte de tuberculose non pulmonaire n’est pas en général contagieuse.

Signes et symptômes

Signes ou symptômes de la tuberculose peuvent être confondus avec ceux de nombreuses autres maladies, comme : fièvre vespérale, asthénie, amaigrissement, anorexie, une perte d’énergie, sueurs nocturnes et une toux grasse ; peuvent s’observer quelle que soit la localisation de la maladie tuberculeuse.

Une fièvre inexpliquée prolongée constitue un signe d’appel suffisant pour initier une recherche de tuberculose.

Transmission

La tuberculose est transmise par voie aérienne, suite à une exposition aux germes présents dans la salive et les expectorations pulmonaires (crachats) des personnes infectées.

Lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue, de minuscules gouttelettes contenant les germes sont propulsées dans l’air et peuvent alors être inhalées par toute personne se trouvant à proximité.

Après l’inhalation par le nez et la bouche, les germes atteignent la trachée et les conduits aériens (bronches) qui pénètrent dans les poumons. Ainsi, à partir des poumons, constituant le foyer initial, les germes peuvent être disséminés par la circulation sanguine vers d’autres régions de l’organisme.

Dans les semaines suivant l’infection, le système immunitaire, qui est le mécanisme de défense de l’organisme humain contre l’infection, réagit à la présence des germes et empêche généralement leur multiplication et leur dissémination.

Toutes les personnes infectées ne développeront pas la maladie. En fait, environ 90 % des personnes infectées le demeurent durant toute leur vie sans présenter de symptômes.
Une personne infectée mais non atteinte de la maladie ne peut pas infecter son entourage, car le germe n’est pas présent dans ses expectorations ou sa salive.

Environ 5 % des personnes infectées vont développer la maladie et elles peuvent transmettre la tuberculose, car des germes sont présents dans leurs expectorations ou leur salive.

Les facteurs de risque de la maladie sont bien identifiés : alcoolisme, dénutrition, déficit immunitaire lié à une maladie (infection à VIH, cancer) ou à un traitement (chimiothérapie). La maladie survient tout particulièrement dans les milieux sociaux défavorisés (sans-logis, toxicomanes, détenus).

Après une primo-infection tuberculeuse. La bactérie peut alors atteindre de nombreux organes (poumon, rein, os, cerveau).

Tous les organes peuvent être touchés :

– Localisation pulmonaire : C’est l’atteinte la plus fréquente. Les symptômes sont en particulier : la toux, les crachats de sang (hémoptysie), l’essoufflement et les douleurs thoraciques.
Ce sont les malades atteints de tuberculose pulmonaire qui sont les plus contagieux.

– Localisation pleurale : C’est la pleurésie tuberculeuse. Elle se caractérise par la présence de liquide dans la plèvre (= membrane qui entoure le poumon). Elle se manifeste par des douleurs, un essoufflement. Il est nécessaire de faire une ponction pour évacuer ce liquide, mais aussi pour réaliser des prélèvements pour rechercher le bacille.

– Localisations abdominale et génitale : La tuberculose peut toucher tous les viscères, comme le foie, la rate, l’intestin, les ganglions intra abdominaux, les organes génitaux.

– Localisation ganglionnaire : Lorsque les ganglions sont atteints par le bacille, ils grossissent de manière anormale. Il faut les ponctionner ou les enlever pour les analyser, de manière à diagnostiquer la tuberculose. Parfois, ils se fistulisent à la peau (= du liquide purulent s’écoule du ganglion).

– Localisation osseuse : L’atteinte osseuse peut se compliquer de fractures des os longs ou de tassements vertébraux. Il est donc nécessaire au moins en début du traitement d’immobiliser le membre ou le dos atteint. En cas de tuberculose vertébrale (= Mal de Pott), le patient doit rester allongé et porter un corset rigide spécialement adapté.

– Localisation péricardique : C’est l’atteinte du péricarde (= membrane qui entoure le coeur).
Localisation méningée et cérébrale : Les méninges sont les membranes qui entourent le cerveau. Cette localisation est très grave chez le petit enfant. Elle se manifeste au départ par des maux de tête puis des troubles de conscience.

Diagnostic

Tests médicaux, comme les tests intradermiques, la radiographie pulmonaire et l’examen des expectorations, permettent de déterminer si une personne a été exposée aux germes ou si elle est atteinte de la maladie.
Examens médicaux :

Le médecin pourra faire le diagnostic grâce à des examens complémentaires :

– la radiographie thoracique : permet de voir les lésions et d’en suivre l’évolution. Toutefois, elle peut être encore normale au tout début de la maladie.

– la recherche de bacille dans les expectorations (= crachats) : Si le patient n’arrive pas à cracher, il faut faire un prélèvement par tubage gastrique.
Le tubage se fait le matin alors que le patient est encore au lit et qu’il n’a rien mangé ni bu depuis la veille. L’infirmière introduit un petit tube par une narine et le descend dans l’estomac pour aspirer les sécrétions bronchiques avalées pendant la nuit. Le recueil des expectorations ou des tubages est ensuite regardé au microscope et mis en culture.

– la fibroscopie bronchique : Permet d’aller inspecter l’état des bronches grâce à une fibre optique. Le médecin peut en même temps faire des prélèvements à la recherche de bacille.

– La recherche de bacille : peut aussi se faire à l’occasion d’autres prélèvements (urine, liquide céphalo-rachidien, ponction de plèvre, ponction d’abcès, biopsie osseuse, ...)

– La mise en culture et l’antibiogramme : Après avoir regardé les prélèvements au microscope pour détecter la présence ou non de bacille (= examen direct), le bactériologiste met les prélèvements en culture pour réaliser deux types d’examens :
– une identification exacte du bacille
– un antibiogramme : cet examen permet de vérifier que les antibiotiques utilisés pour le traitement sont réellement efficaces sur le bacille.

Dans ce cas, le bacille est dit sensible au traitement. Dans le cas contraire, il est dit résistant.
Ces examens nécessitent plusieurs semaines pour être réalisés. Il existe aujourd’hui d’autres techniques permettant d’obtenir une identification et un antibiogramme plus rapidement.

En cas de découverte du bacille de Koch dans les sécrétions respiratoires, l’isolement doit être de 5 semaines.
Lorsqu’une personne est atteinte de tuberculose, il est indispensable de faire un dépistage dans son entourage à la recherche d’autres cas de tuberculose. Cela permet de soigner au plus tôt toutes les personnes infectées et ainsi de limiter les risques de transmission de la maladie.

Donc, il est nécessaire que toutes les personnes ayant été en contact avec un malade bénéficient d’un examen médical avec au minimum, une radiographie pulmonaire et une intra-dermo réaction (IDR), suivis d’une surveillance en général 3 et 12 mois plus tard.

VIH et tuberculose

Le VIH et la tuberculose, qui accélèrent mutuellement leur progression, forment une association meurtrière. Le VIH affaiblit le système immunitaire.

Tout patient chez qui le diagnostic de tuberculose pulmonaire a été posé, doit bénéficier d’une sérologie VIH suite à son accord.
Inversement, la recherche d’une infection par le bacille de Koch est effectuée chez tout sujet présentant une infection VIH symptomatique.

Une personne positive pour le VIH infectée par le bacille présente beaucoup plus de risques de contracter la tuberculose qu’une personne infectée par le bacille mais qui est négative pour le VIH.

Cause majeure de mortalité chez les sujets VIH-positifs, la tuberculose est responsable de 13% environ des décès par SIDA dans le monde. En Afrique, le VIH est le principal déterminant de la hausse de l’incidence de la tuberculose observée ces dix dernières années.

Ainsi, le Groupe de travail tuberculose/VIH a été formé par l’OMS et ses partenaires internationaux. Ce groupe élabore la politique mondiale pour lutter contre la tuberculose liée au VIH et donne à ceux qui combattent les deux maladies des conseils sur les moyens de lutter ensemble contre cette association meurtrière.

Traitement de la tuberculose

La tuberculose peut se traiter très efficacement en ayant recours à une association de médicaments. Le traitement repose sur la prise d’antibiotiques. Il est nécessaire de prendre plusieurs médicaments en même temps pour éviter que le bacille ne devienne résistant à l’un ou à l’autre. Le traitement doit être suffisamment long pour éviter les rechutes. C’est pour cela qu’il ne faut jamais arrêter son traitement de soi-même, si l’on ne veut pas que tuberculose devienne "résistante" c’est à dire beaucoup plus difficile à soigner. Donc, il est très important de suivre les indications du médecin et de prendre les médicaments conformément à ses recommandations.

Le traitement curatif a pour but de détruire les bactéries présentes dans les organes infectés. Il repose sur une association de quatre antibiotiques : isoniazide, rifampicine, éthambutol et pyrazinamide. Il doit être débuté le plus rapidement possible.

Actuellement, on note de plus en plus de résistance à ces quatre antibiotiques. Dans ce cas, d’autres antibiotiques comme la sparfloxacine, l’amikacine, la capréomycine, l’éthionamide ou la cyclosérine peuvent être utilisés.

La surveillance du traitement doit être rigoureuse en raison des effets secondaires de ces médicaments (surveillance digestive, neurologique, oculaire, auditive, fonctionnement du foie). Egalement, examens des sécrétions respiratoires (disparition du germe en moins d’un mois sous traitement) et des radiographies du thorax complèteront cette surveillance. Le manque d’observance du traitement, qui dans certains cas, peut durer 1 an, rend celui-ci inefficace. Le patient avec un bon traitement, peut reprendre son activité professionnelle entre 6 et 12 semaines après le début du traitement.

Les effets indésirables des médicaments :

Si vous constatez des démangeaisons, des douleurs articulaires, des nausées, une jaunisse, des fourmillements des jambes, des troubles de la vision, signalez-le immédiatement à votre médecin. Contrôles réguliers de prise de sang ; vision des couleurs, sont effectués pour dépister très rapidement un effet indésirable et adapter le traitement.

Le B.C.G

C’est le vaccin contre la tuberculose. Il est préférable de vacciner les enfants le plus tôt possible. Le BCG diminue de moitié le risque de contracter la tuberculose commune et évite les formes les plus graves (comme la tuberculose méningée).

Néanmoins, il arrive que des personnes vaccinées par le BCG attrapent la tuberculose.

Hygiène de vie

Eviter toute absorption d’alcool qui augmente la toxicité des médicaments sur le foie et les nerfs ; Eviter la consommation de tabac, si cela n’est pas possible, la diminuer, surtout dans les formes pulmonaires ; Avoir une alimentation équilibrée, dans l’objectif de reprendre le poids perdu et se reposer. Mais dès que le patient se sent en forme, il peut reprendre une activité physique normale et retravailler en poursuivant son traitement.

11 Janvier 2006.

Sources :

– http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs104/fr/
– http://www.tuberculose-bligny.com/
– http://www.tuberculose-bligny.com/
– http://www.invs.sante.fr/beh/1997/97janvier/page2.html
– http://www.invs.sante.fr/beh/1997/97janvier/page2.html
– http://www.cchst.ca/reponsessst/diseases/tubercul.html
– http://www.cchst.ca/reponsessst/diseases/tubercul.html
– http://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa_1167_tuberculose.htm
– http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/tuberculose.htm
– http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs104/fr/