L’Université au féminin

Mme Siby née Ginette Belgarde, originaire de la Gouadeloupe, est la directrice de l’Institut Universitaire de Gestion (IUG) du Mali. Musow a rencontré cette dynamique quinquagénaire qui dirige l’IUG depuis six ans déjà.

Vous êtes à la tête de l’IUG depuis... ?

Je suis directrice de l’IUG depuis janvier 1994.

Est ce facile de diriger une structure universitaire, surtout en ces temps ?

Depuis près de 10 ans, il est relativement difficile de diriger une structure universitaire. Le contexte s’y est cependant prêté à l’époque. Je pense que certaines revendications des étudiants sont légitimes notamment les conditions de travail. Tant que cela ne concerne que mon établissement, moi je suis pour le principe de la concertation franche. Je tiens beaucoup de réunions afin d’avoir le maximum d’opinions sur un problème posé. Quant au corps professoral, je pense qu’ils est d’âge mûr et assez responsable. De ce côté, je n’ai vraiment pas de problèmes.

Quels rapports entretenez-vous avec vos étudiants ?

J’ai de bon rapports avec les étudiants. Je suis disposée à les rencontrer sur la base de dialogues francs et sincères car je crois qu’en dehors du titre, je me sens parfaitement dans le rôle d’une mère qui s’occupe de la scolarisation de ses enfants.

Le fait d’être femme vous gêne-t-il dans l’exercice de votre fonction de directrice ?

Non. D’une manière générale, avec mes collaborateurs, je n’ai pas senti de discrimination particulière. Mais en tant qu’être humain, il n’en demeure pas moi que j’ai mes forces et mes faiblesses comme tout le monde. Il faut faire avec !

Votre institut est l’une des rares structures universitaires a ne pas connaître beaucoup de perturbations cette année. Auriez-vous un secret ?

Je pense que c’est dû aux nombreuses prises de contact aussi bien avec les enseignants qu’avec les membres de l’AEEM (association des élèves et étudiants du Mali). Tant que les solutions des problèmes existent au niveau de mon département, je les règle sans avoir à me référer à qui que ce soit. Cela à mon sens, peut résoudre beaucoup de petits problèmes. J’ai toujours voulu discuter "cartes sur table".

Quel est l’éventail de réussite en général à l’IUG et celui des jeunes filles en particulier ?

Les jeunes filles représentent 65% de notre effectif. Elles réussissent au même titre que les garçons. Mais nous avons quand même remarqué qu’elles réussissent plus ou moins bien dans les filières comme "Secrétariat Bureautique" et "Finances Comptabilité".

Quelles sont vos ambitions ?

Vous savez, l’IUG reçoit beaucoup de demandes d’embauche par rapport aux jeunes sortants. Nous essayons d’organiser des sessions de mises à niveau pour mieux les former pour un monde de compétition. Cela est à l’actif du corps enseignant. Nous projetons de diversifier nos filières et apporter d’autres niveaux d’enseignements. Nous cherchons des structures de formation pour nos enseignants qui n’ont pas le niveau doctorat afin de rehausser la qualité de nos cours.

Votre mot de la fin ?

Il va à l’endroit des étudiants finalistes à qui je souhaite bonne chance pour les examens et aux professeurs, beaucoup de courage et plus de responsabilité.

Propos recueillis par Mamadou Séga Sissoko