La maladie d’Alzheimer

Le 26 novembre 1901, Aloïs Alzheimer (1864-1915) , neurologue allemand, examine pour la première fois une femme de 51 ans qui oublie son nom au fur et à mesure qu’elle l’écrit.

Historique

C’est en 1906, que le Dr Alzheimer décrira l’évolution de cette maladie particulière et inconnue jusqu’alors qui sera bientôt associée à son nom.

Il s’agit du tableau de la démence chez la personne encore jeune, il décrit pour la première fois, les lésions histologiques cérébrales de la démence.

Il consacra aussi plusieurs travaux à l’analyse anatomo-pathologique de la paralysie générale, de la chorée et des déficiences mentales dues à la sénilité.
Le psychiatre Emil Kraepelin a proposé que la maladie porte le nom d’Alzheimer, du nom de son découvreur.

Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ?

La maladie d’Alzheimer ou démence sénile de type Alzheimer est un trouble neurodégénératif. C’est une maladie qui touche les cellules nerveuses du cerveau. Ces cellules appelées neurones meurent, les médecins disent qu’elles dégénèrent. Les premières cellules atteintes sont situées dans des zones faisant fonctionner la mémoire.

La démence de type Alzheimer est caractérisée cliniquement par le développement progressif d’une démence où dominent les troubles de la mémoire, l’atteinte du langage et les fonctions intellectuelles qui permettent d’agir, de savoir, de penser. Les troubles de la mémoire sont ainsi les premiers à apparaître : oubli des noms propres, perte d’objets, oubli de rendez-vous...

La maladie d’Alzheimer représente plus de la moitié des cas de démences, et près de 75 % des démences séniles.
Selon Katzman et Kawaz, les causes les plus fréquentes de la démence, seraient dues à 1,5% aux médicaments, alcool 4,2%, dépression 4,5%, démences vasculaires par infarctus multiples 13,3%, autres formes 19,3% et maladies d’Alzheimer 56,8%.

Après 60 ans, 8 personnes sur 10 se plaignent de leur mémoire et beaucoup craignent que ce soit une maladie d’Alzheimer débutante.

Symptômes ...

Les symptômes de la maladie sont caractérisés par des pertes de mémoire sur des faits récents, une disparition des repères dans le temps (alternance jour nuit) et dans l’espace, des difficultés à reconnaître les objets, des troubles du langage puis de l’agressivité et de l’agitation.

On nomme parfois ces caractéristiques comme les quatre A : amnésie, aphasie, agnosie et apraxie. La mémoire est en premier lieu atteinte (amnésie), avec l’impossibilité pour le patient d’enregistrer de nouveaux événements. Des troubles du langage apparaissent ensuite (aphasie) et rendent la communication difficile. Le patient peut parfois se murer dans le silence. La maladresse gestuelle (apraxie) s’accompagne de la perte de sensations (agnosie). Le patient ne reconnaît plus son entourage. Dans un état de profonde confusion mentale, il peut adopter des attitudes d’indifférence, de mutisme ou d’agressivité. L’état grabataire est inévitable à terme.
Ces perturbations peuvent longtemps passer inaperçues car elles s’installent progressivement, à bas bruit.
Fonctionnement de la mémoire

Pour se souvenir d’une information, 3 étapes sont toujours nécessaires : La première étape est appelée encodage ou enregistrement, la seconde étape cette information est stockée, et la troisième étape lorsqu’on en a besoin l’information est restituée, on s’en souvient.

Dans la maladie d’Alzheimer, les deux premières étapes ne fonctionnent plus, il est donc impossible de se souvenir de faits qui n’ont pas pu être stockés dans le cerveau. Les faits récents ne sont ainsi plus mémorisés.
L’importance du dépistage
Plus tôt le diagnostic est établi, plus vite le traitement se fera et retardera l’évolution de la maladie. Sans traitement, la maladie d’Alzheimer s’aggrave inéluctablement.

Simple oubli ou maladie d’Alzheimer ?

Ce n’est pas très difficile de distinguer un simple oubli, d’un problème de mémoire lié à une maladie du cerveau comme la maladie d’Alzheimer.

Si vous constatez que depuis des années, vos problèmes de mémoire ne s’aggravent pas, ce n’est certainement pas grave. Vos problèmes sont liés à des difficultés d’attention et de concentration, qui augmentent avec l’âge.
Les personnes touchées par la maladie d’Alzheimer se plaignent en général peu de leurs troubles : généralement, c’est l’entourage du malade qui est inquiet et qui l’amène consulter le médecin. Les malades viennent rarement seuls chez le médecin pour la première consultation.

Tests très simples permettent de différencier l’oubli simple, de l’oubli anormal qu’il faut traiter.

Les troubles de la mémoire au début de la maladie d’Alzheimer concernent les faits nouveaux, récents, alors que le souvenir des faits anciens est intact.
Le test le plus simple est le test des 5 mots. Le voici décrit très schématiquement. Le médecin vous fait apprendre 5 mots très différents, puis quelques minutes plus tard, il vous demande si vous vous en souvenez (restitution des mots) en vous aidant si nécessaire. Lorsque la mémoire est intacte tous les mots sont restitués. S’il existe une erreur "d’impression" des tests plus précis sont alors nécessaires.

Comment évolue la maladie d’Alzheimer ?

La maladie d’Alzheimer s’aggrave de manière progressive et constante : en plus de la perte de la mémoire, l’humeur, le comportement, les facultés de jugement et de raisonnement se détériorent.

Chaque personne est touchée différemment par la maladie et les symptômes varient d’une personne à l’autre : Un malade qui a oublié un événement important à un moment peut s’en souvenir immédiatement après. Un autre malade, qui a l’air d’être retiré du monde pendant un moment, peut quelques minutes plus tard, être tout à fait à l’écoute et bien adapté à la situation.

Au début, durant les deux ou quatre premières années, les pertes de mémoire et les difficultés à se concentrer sont légères.

Tâches courantes au quotidien comme le remplissage de papiers et communiquer avec les autres, devient difficile, car, certains mots ne sont pas utilisés correctement.
Le caractère change sans raison avec des sautes d’humeur, les émotions sont mal maîtrisées avec une colère excessive.
Très souvent, dès le début de la maladie, le malade se replie sur lui-même, il devient apathique, Il sort moins, n’a plus envie de voir ses amis, de faire ses activités favorites.

Ce manque de motivation est souvent confondu avec une dépression, mais, en fait, le malade réagit beaucoup moins aux évènements, aussi bien positifs que négatifs.
Ce n’est souvent qu’après 2 à 3 ans, lorsque les troubles sont assez visibles pour l’entourage, et que le comportement du malade est devenu inquiétant que l’on consulte le médecin.
Pendant quelques années, la situation se détériore ensuite progressivement. Les trous de mémoire deviennent de plus en plus fréquents et importants : la personnalité du malade change profondément, le malade ne reconnaît ni amis ni famille, il ne sait plus s’orienter et n’a plus la notion du temps.

A un stade avancé de la maladie, une aide permanente est nécessaire. La personne a alors besoin d’être aidée dans sa vie de tous les jours, car elle a du mal à se laver, à s’habiller, à manger, la personne a d’importants troubles de la parole, les mouvements deviennent de plus en plus difficiles voire impossibles.
De manière générale, cette période s’étale sur un à trois ans, jusqu’au décès de la personne.

Une chose très importante à noter, est que la maladie touche les fonctions intellectuelles mais qu’elle ne touche pas la capacité du malade à éprouver sentiments, tels la joie, colère, tristesse, amour, peur, ni de réagir à ces sentiments.

Contrairement à ce que beaucoup de personnes croient, dans leur fort intérieur, les malades souffrent et ils ont un fort besoin d’être écoutés, entendus, stimulés, sollicités très souvent sur ce qu’ils ressentent, ce qu’ils vivent et sur leurs émotions.

Assistance et Traitement du malade

Assister à la déchéance intellectuelle et physique d’un être cher reste une épreuve très difficile à surmonter, pour l’entourage.
Prendre soin d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer n’est ni simple ni facile : il faut du temps, du moral, beaucoup d’énergie et de patience.
Il s’avère alors nécessaire de soutenir ceux qui l’aident pour leur éviter de craquer ou de maltraiter le malade.
Pour mieux aider le malade, l’entourage immédiat doit comprendre la maladie et ses conséquences.

L’entourage doit en effet apprendre à s’adapter aux troubles du patient : comment communiquer avec lui, comment réagir face à son anxiété, à l’agressivité ou à l’agitation, comment le protéger, comment trouver les aides nécessaires. La vie dans la famille doit être préservée le plus longtemps possible.

Actuellement, il n’existe aucun traitement contre l’Alzheimer et il est toujours impossible d’arrêter son évolution, mais il existe quand même quelques substances médicamenteuses qui peuvent retarder la maladie.
Trois molécules sont reconnues actives : tacrine, rivastigmine et donepezil. Elles ralentissent l’évolution, sans la stopper.

Les médicaments agissent sur une substance du cerveau appelé acétylcholine. Cette substance, en quantité insuffisante chez les patients atteints par la maladie d’Alzheimer, permet aux cellules du cerveau de fonctionner correctement.
C’est un messager chimique appelé neurotransmetteur (neuro = cellules nerveuses ou neurones, transmetteurs = qui transmet des signaux.

De nos jours, le but des traitements utilisés est d’augmenter les quantités d’acétylcholine du cerveau afin d’améliorer son fonctionnement.

Le malade bénéficiera également d’une prise en charge non médicamenteuse tout aussi fondamentale : la rééducation et la stimulation.

Vaccin

L’espoir de prévenir la maladie par un vaccin existe donc bel et bien, les essais cliniques se poursuivent.
Des chercheurs américains et anglais tentent actuellement de créer un vaccin qui préviendrait cette démence, mais à ce jour, ils ne sont pas encore parvenus à produire une immunisation à la fois efficace et exempte d’effets secondaires néfastes.

Journée internationale de lutte contre la maladie d’Alzheimer :
Le 21 septembre de chaque année, la communauté internationale célèbre la journée internationale de lutte contre la maladie d’Alzheimer.
La 13ème édition de cette journée sera célébrée le 21 septembre 2006.

– http://fr.wikipedia.org/wiki/Alzeimer
– http://www.pfizer.fr/
– http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/alzheimer.htm