Yaidio Diakité, Miss Ortm 2005

Elle n’est certainement pas une bombe sexuelle. Mais, elle est une plantureuse sirène. Avec une silhouette de mannequin, Mlle Yaïdio Diakité est la reine de la beauté malienne depuis le 23 décembre 2005. Elle s’est hissée sur la plus haute marche du concours de Miss Mali organisé par l’Office des radiotélévisions du Mali (ORTM). Un combat remporté de haute lutte devant une vingtaine de concurrentes venues du district de Bamako et de toutes les régions économiques du Mali pour se retrouver à Kayes, la cité des rails (près de 600 Km à l’Est de Bamako). Yaïdio a deux rêves ! Etre avocate pour défendre « les femmes marginalisées » et, peut-être, se faire élire présidente de la République du Mali comme Ellen Johnson-Sirleaf au Liberia.

Callipyge, un regard de fée, des lèvres sensuelles avec ses 1,71m (pour 55 kg) portés par des jambes galbées, « Dio » a tout pour séduire même un Ayatollah. Cette brillante élève en classe de terminale (sciences humaines) a vu le jour un 7 octobre 1986 dans une grande famille de 9 enfants. Fille chérie de Garan Diakité (employé de banque) et de Aïssata Guindo (teinturière), c’est avec « beaucoup d’honneur et surtout plus de responsabilité » qu’elle porte sa couronne de Miss ORTM 2005.

Un trophée trop lourd pour ses frêles épaules ? « Pas trop. Il exige des contraintes. Mais, je ne rencontre pas de difficultés majeures. Il ne m’empêche pas de vivre comme avant et comme je voudrais. Je poursuis mes études dans la même quiétude. En un mot, je dirais que la couronne n’a pas changé ma vie », rétorque-t-elle avec un sourire plein de malice.

C’est dire qu’elle a encore la tête sur les épaules et ne nourrit aucune prétention par rapport à ce titre. Pas en tout cas celle de se considérer comme la plus belle femme du Mali.

« Miss ORTM est un titre national, mais je n’ai jamais eu cette prétention. Je suis consciente qu’il y a ici des filles et des femmes plus belles que moi. Elles sont d’ailleurs très nombreuses parce que les Maliennes sont réputées pour leur charme, leur beauté et leur grâce. J’ai été symboliquement élue comme reine de la beauté au Mali. J’accepte cette couronne et j’assume mon titre », souligne-t-elle.

Priorité aux études
Ne demandez surtout pas à Yaïdio ce qui a fait la différence entre elle et les autres candidates le 23 décembre dernier. Sinon elle vous répondra, à coup sûr, « je ne sais pas trop. Certainement que je remplissais plus de critères que les autres. Ce qui est sûr, ce n’est pas la beauté seulement parce que toutes les candidates étaient superbement belles. Certainement que j’ai eu plus de chance que les autres. Il devait être écrit quelque part je serai élue Miss ORTM en 2005 ».

Avec une vie privée « très calme comme d’habitude », la seule discussion qui passionne réellement Miss Yaïdio Diakité est celle qui porte sur les études. Son avenir lui tient à cœur et elle souhaite avoir une tête pleine au service de sa fantastique beauté. « Les études constituent ma plus grande priorité dans la vie. Ne dit-on pas d’ailleurs que les études constituent le premier époux d’une jeune fille ? », nous interroge-t-elle.

Et loin d’être un handicap à ses ambitions universitaires, la couronne de Miss ORTM lui ouvre certaines portes. « J’ai l’impression qu’il y a un défi à relever. Je compte apprendre le droit afin de devenir avocate et défendre la cause des femmes qui ne bénéficient pas encore des meilleurs traitements et de toute la considération qu’on leur doit dans notre société », nous indique l’ambitieuse jeune fille.

Féministe ? « J’ai toujours rêvé de défendre la cause des femmes, de les aider à s’émanciper et à s’épanouir. Dans nos pays, les femmes souffrent trop et sont victimes de beaucoup d’injustices. Je souhaite apporter ma modeste contribution au combat visant à corriger ces injustices. Si c’est cela être féministe, je le suis et j’en suis fière ». Une amazone des scènes politiques en perspective.

Pas forcément ! « En réalité, je n’aime pas la politique. Je suis fière de l’élection de Ellen Johnson-Sirleaf. Sa victoire est une fierté pour toutes les Africaines car elle est la première femme à diriger un Etat africain. C’est aussi une avancée démocratique notable à l’avantage de l’Afrique qui dément ainsi des clichés et des préjugés dont elle est le plus souvent victime en Occident. J’aimerais, comme Ellen, diriger le Mali. Mais, pour le moment, je me contente de remplir mes devoirs de citoyen. Je ne pense pas qu’il faut obligatoirement faire de la politique pour se faire élire président de la République. La preuve, c’est que notre Chef d’Etat actuel n’est pas issu de la classe politique. Ce qui me tient le plus à cœur, c’est devenir avocate pour défendre la cause des femmes voire des enfants », martèle-t-elle.

Une généreuse reine !
Et contrairement à beaucoup de reines de beauté, Yaïdio n’est pas tentée par une carrière de mannequin. « Le mannequinât est certes une bonne profession à condition qu’on garde les pieds sur terre et qu’on se fasse respecter. J’ai une sœur mannequin. Mais, ce métier ne m’intéresse pas pour le moment ».

Et ne lui parlez pas surtout d’argent parce qu’ont peut tout lui reprocher sauf qu’elle est cupide ou matérialiste. « Je ne pense pas à l’argent pour le moment. Je ne pense qu’à réussir dans mes études. Le reste suivra après. Mes parents parviennent à satisfaire mes besoins élémentaires et cela me suffit largement... En tout cas, je ne me plains pas. Je sais aussi me contenter du peu », précise la sublime Reine de la beauté malienne.

L’élégante Yaïdio est par contre très généreuse. Elle pense ainsi soutenir les siens avec la fortune que sa couronne lui rapporte. Ainsi, elle déclare que, « il est vrai que l’argent m’importe peu. Mais, j’ai des parents qui peuvent être dans le besoin. Je suis d’une grande famille. J’ai par exemple offert une Jakarta (Scooter) à ma sœur. Elle en avait besoin et je le lui avais promis en cas de sacre à Kayes. Et, avec la 2è dauphine (Mlle Aïché Baba Kéita de Bamako, NDLR), je compte m’investir davantage dans la lutte contre le VIH/Sida en créant une association ».

La lutte contre la pandémie du VIH/Sida, voilà un autre challenge de la Miss ORTM. Et elle est d’avis que les jeunes peuvent se mettre à l’abri de ce mal du siècle en faisant preuve de responsabilité et de sagesse. « Comme je l’ai toujours soutenu, l’abstinence, la fidélité et l’honnêteté sont les meilleures armes de combat dont nous disposons. Je compte beaucoup m’investir dans les campagnes de sensibilisation. Je demande simplement à mes frères et sœurs de vivre avec un seul partenaire. Ils doivent toujours penser à se protéger pour ne pas prendre des risques insensés et inutiles », dit-elle.

Opposée à la polygamie
Comment concilier fidélité et pauvreté pour une génération de filles branchées dont la majorité vit au dessus de leurs moyens ? Pour Yaïdio, « l’idéal c’est la fidélité. Parce qu’en dehors des menaces des IST et du VIH/Sida, l’honneur et la dignité de la fille sont en jeu. Je pense qu’il faut se respecter dans la vie et savoir vivre avec les moyens qu’on a. On peut être pauvre et vivre dignement sans trop envier les autres. La pauvreté ne doit pas empêcher quelqu’un d’être lui-même. Tout comme elle ne doit pousser personne à prendre des risques insensés ou bafouer son honneur et sa dignité par complexe social », souligne-t-elle.

Si pour Yaïdio l’homme idéal doit être sérieux et respectueux, elle n’est pas encore décidée à se mettre la corde au cou. « Je ne me focalise pas sur le mariage pour le moment. Dans la vie, il y a un moment pour tout. Je me sens bien avec mon copain. Je l’aime franchement et je suis convaincue que cet amour est partagé. Mais, pour le moment, je ne suis pas prête à franchir certains pas comme me marier par exemple. Je préfère donc me consacrer entièrement à mes études. Quant à mon copain, il souhaite m’avoir aussi comme épouse, mais il préfère aussi qu’on attende un peu ».

Les éventuels candidats doivent savoir que l’égérie de la beauté malienne tient surtout à « la fidélité chez un homme alors que les hommes fidèles sont aujourd’hui rares ». Les polygames doivent surtout s’abstenir. « La polygamie crée beaucoup de problèmes dans la vie conjugale. Je n’ai rien contre ceux qui font ce choix et je ne les juge pas non plus parce que pour moi l’essentiel est qu’ils s’assument. Mais, je ne souhaite pas sincèrement être une seconde, une 3è ou une 4è épouse. Je pense que le fait aussi que je sois née dans une famille monogamique influence ma position », indique Dio, jalouse à sa façon.

Passionnée d’Internet, la plus belle fille du Mali aime aussi jouer au basket. « J’adore le basket et je souhaiterais un jour jouer dans un club et défendre les couleurs nationales ». Un autre rêve, un défi personnel de plus pour la frêle jeune fille à la volonté d’Amazone.

Aux futures candidates à sa succession, la Miss 2005 conseille de faire l’effort de rester elles-mêmes, c’est-à-dire naturelles. Elles doivent aussi éviter de trop grossir parce que cela est un critère important dans le choix d’une Reine de beauté. Et Yaïdo en est la parfaite et fascinante illustration !

Aïssata Bâ

12 avril 2006