Fatoumata Kelly dite Gna

Demoiselle d’une trentaine d’années, elle s’occupe de l’accueil des clientes dans un petit salon de son atelier de couture aménagé pour ce but. Accueillante et très extravertie, elle a tout à fait l’allure d’une secrétaire et pourtant, elle a engagé une jeune dame pour ce rôle. Musow s’est déplacé pour avoir une interview de cette demoiselle qui fait rêver les jeunes filles de magnambougou-projet autant par son succès dans son entreprise que son style vestimentaire.

Comment vous êtes venue à la couture ?
Je suis arrivée dans la couture il y a pas très longtemps. J’ai reçu une formation en secrétariat de direction au départ. La mode n’était pas un domaine que je connaissais bien .Je dois reconnaître quand même que j’ai toujours eu un faible pour les fringues. Peut être que c’est de là que tout est parti.

Quand avez-vous débuté sérieusement ?
Si j’ai bonne mémoire je crois que c’est en 2001 à Magnambougou. J’ai commencé avec deux tailleurs. Je jouais le rôle de secrétaire parce que j’étais profane en matière de couture.

Le début a-t-il été facile pour vous ?
Mes débuts ont été très durs et jusque là je continue à me plaindre. Quoique les gens pensent que j’ai tout eu dans la couture. Mon problème est que je ne maîtrise pas la couture moi-même. J’ai engagé quelques tailleurs pour qu’ils travaillent en mon compte. Souvent ils me prennent la tête tout simplement parce qu’ils savent que je ne peut pas faire ce travail. Je me soumets à leurs caprices.

Combien de personnes employez-vous dans votre atelier ?
Actuellement j’ai onze tailleurs professionnelles, deux apprentis plus la secrétaire. Apparemment vous semblez être beaucoup sollicité, comment expliquez-vous cela ? Cela est du à la qualité du travail que fait mais surtout le prix aussi. Je ne suis pas très chère, les aiment cela.

Avez-vous des problèmes avec vos clientes ?
Non !

Combien gagnez-vous par mois ?
Malheureusement je ne le sais pas, on m’a toujours fait le reproche d’être mal organisée. Personnellement, je sais cela, mais je ne suis pas arrivée à soigner ce défaut en moi.

Ce travail vous permet-il de gagner votre vie ?
Oui, absolument. En toute franchise du point de vue financier, je ne me plainds pas trop. De ce côté, je n’ai pas de souci à me faire. Certes mon souhait c’est d’agrandir ma fortune comme tout le monde naturellement. D’ailleurs je n’y vois pas d’inconvénient en cela.

Quels sont vos projets ?
Je voudrais avoir une boutique pour vendre moi-même les produits que je confectionne. C’est-à-dire avoir ma marque à moi (griffée Gna) comme les grandes de la couture occidentale. De nos jours, c’est le seul projet qui me tient à cœur.