Restaurants et pâtisseries : Les gaffes de certains clients

Il n’est un secret pour personne que le malien n’a pas la culture de la restauration. Sortir avec femme et enfants pour aller dîner dehors ou les week-ends, déjeuner, n’est pas donné à tous les chefs de famille. Même si certains, pour avoir sejourné çà et là ou pour un poste occupé où l’argent coule à flots, s’autorisent à prendre des habitudes qui, visiblement, ne sont pas les leurs. Dans ces conditions, quand il arrive qu’un "expatrié”, qu’il soit de chez nous parti et revenu avec d’autres habitudes ou un étranger qui a la “culture” de manger dehors, s’autorise à inviter ceux d’ici, la plupart du temps, c’est le branle-bas.

D’abord la “culture” de la sortie pour aller manger dans un restaurant nous est tellement étrangère que certains (plutôt certaines) pensent qu’il faut être bien habillé pour y aller. Ce qui ne compte pas du tout même s’il ne faut pas être “dépravé” (terme de chez nous).

Ensuite, c’est dans la joie et la fierté qu’on y va en se proposant, le lendemain, de faire de larges commentaires pour les amis ou camarades de classe. Passe encore que celui qui invite s’y connaisse et guide le reste de la troupe.

Mais pour les nouveaux couples qui se forment où l’homme qui veut prouver à sa dulcinée sa “compétence” (autre terme de chez nous), celà peut tourner à l’épreuve.

Première épreuve et généralement suivie des premiers impairs, la lecture du menu ou carte pour ceux qui savent que ça s’appelle ainsi ; d’autant plus que toutes les appellations ont été entendues : "où est le papier où il y a à manger ?" ou carrément "où sont les plats" sont entre autres, quelques maladresses observées dans le langage.

Les plus avertis passent la commande au quart de tour, le plus souvent sans consulter le menu. Eux, ne font pas l’objet de nos propos

Les maladresses viennent surtout des “néo”. Comme l’exemple de ce couple qui commanda deux crêpes au chocolat sans savoir ce que c’était parce que le serveur ou garçon de salle (que certains appellent maladroitement serviteur) qui leur apporta leurs plats s’est entendu réclamer du ... piment !

Autre comportement ubuesque dans une pâtisserie de la place, un couple qui avait commandé deux mokas les ont assaisonnés à la moutarde et au sel parce que les deux ingrédients se trouvaient sur la table.

Pourquoi, gentiment, n’avoir pas interrogé le serveur plutôt que de se ridiculiser ? Et c’est cette tendance qui l’emporte un peu partout chez nous.

Une jeune fille, en apparence de classe, commanda une fois un plat de ... Reins, faisant hurler de rire le serveur qui lui explique après qu’il fallait dire rognons.

Les exemples foisonnent chez nous et même dans le milieu de ceux qui se croient bien au fait de la restauration.

Il n’est pas rare de voir des responsables qui, pour avoir commandé des côtelettes de mouton, une pizza ou un poulet grillé, hurlent que le service est lent, ignorant complètement que leurs commandes ont un temps de cuisson d’au moins... 25 minutes.

Dans ce cas, il est conseillé à ceux qui se disent pressés ou “les je n’ai pas le temps” de prendre par exemple un sandwich, des nems ou des friands (pâtés chez nous), déjà prêts.

Finalement, notre inculture dans la restauration en général ne nous permet pas de régaler les membres de nos familles, si ce n’est pas les moyens qui manquent.

Les membres de nos familles qui sautent de joie à chaque fois que le chef de famille rentre à la maison les bras pleins de nems, de pâtés de Mokas...

HAIDARA ML

Nouvel Horizon du 24 avril 2006.