Après avoir conquis le show-bizz international, Oumou Sangaré prend goût aux affaires

Coqueluche incontestée du show biz international, Oumou Sangaré vient de réussir une entrée fracassante dans le monde des affaires le 5 avril 2006. En effet, ce jour, elle a lancé sa marque de véhicules « Gonow Oum Sang », sous le regard admirateur du président de la République du Mali, Amadou Toumani Touré. Un engagement qui vise à permettre à son entourage de profiter d’avantage de son succès et à contribuer à la lutte contre le chômage dans son pays.

« Lorsque je vais aux Etats-Unis, je vois les artistes faire du business. J’en étais jalouse. C’est pourquoi j’ai décidé de faire comme eux, chanter et faire des affaires » ! C’est en ces termes que Oumou Sangaré s’était confiée à un confrère pour justifier sa volonté de se lancer dans le business.

Une volonté concrétisée depuis le 5 avril 2006 par le lancement de sa société concessionnaire de la marque chinoise, «  Gonow Oum Sang  ». Et « Oum Sang » n’est que le diminutif de son prénom et nom, Oumou Sangaré. Le talent et le dynamisme de la diva ont conquis les Chinois qui n’ont pas hésité à lui faire honneur d’une marque de véhicules.

« Après le décès brutal de mon père, je me suis réfugiée à Paris en attendant de surmonter cette épreuve. Je passais tout mon temps à lire les journaux. C’est ainsi qu’un jour j’ai vu à la Une de le Parisien un titre qui m’a beaucoup influencé. On mentionnait que près de 350 véhicules chinois avaient été vendus en Europe en un laps de temps et à des prix battant toute concurrence. J’ai tout de suite pensé au Mali où l’essentiel des voitures vendues sont des vieux véhicules qui ont déjà roulé en Europe pendant au moins cinq ans avant d’être acheminés en Afrique. Pis, ils nous sont vendus presque au même prix que les voitures neuves chinoises. J’ai fait le déplacement en Chine avec mon frère et mon conseiller juridique. Nous sommes vite parvenus à un accord avec nos partenaires chinois », précise-t-elle.

Et depuis le 5 avril 2006, sa société « Gonow Oum Sang » a démarré ses activités au Mali. Le président de la République, Amadou Toumani Touré, lui a même fait l’honneur de présider la cérémonie officielle de lancement.

Ainsi, après la musique et l’hôtellerie, l’ambassadrice du Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et Chevalier de l’ordre des arts et lettres de la France et du Prix de la musique de l’Unesco/Conseil international de la musique, est désormais concessionnaire automobile et représentante de la société chinoise « Gonow » (Agir Maintenant).

Les « Gonow Oum Sang » sont des Pick Up 4x4 de fabrication chinoise. Ils sont dotés d’une technologie répondant aux normes européennes. Ils seront vendus entre 8 et 28 millions de F CFA, donc à un prix défiant toute concurrence. Ce qui fait dire à Kassim Diarra, PDG de la société Gonow Oum Sang, que la charmante Diva veut relever « le défi de rendre accessible à bon nombre de Maliens des véhicules de luxe à des prix très concurrentiels ».

Selon les explications de la Diva, elle a toujours été une passionnée des affaires. « J’ai toujours eu un penchant pour les affaires parce que cela me permet de dépenser mon énergie. Dieu merci, grâce à la musique, je me suis fait un peu d’argent. Un jour je me suis dit que cela ne sert à rien déposer de l’argent dans une banque qui sera la seule à en profiter. J’ai alors vu la nécessité de m’investir pour que mon argent me sert d’avantage et surtout profite à d’autres personnes autour de moi. Je me suis d’abord investie dans l’hôtellerie et cela m’a réussi. L’Hôtel Résidence Wassoulou marche beaucoup », confesse-t-elle dans une interview accordée au magazine féminin, Amina.

Par cet engagement, l’artiste veut également contribuer à la lutte conte le chômage par la création d’emplois stables. Selon sa direction, la nouvelle société emploierait déjà près d’une vingtaine de personnes. « Je n’investis pas pour moi-même ! Tout ce que je fais maintenant, c’est pour que mon pays puise profiter de mon succès. A travers mes investissements, je veux montrer la voie aux femmes, aux jeunes maliens. Je veux les exhorter à se battre pour trouver leur voie. Ces voitures visent aussi à soulager les Maliens qui ont maintenant l’opportunité de se payer des voitures neuves à peu de frais. Cette société me permet aussi de créer des emplois pour mes compatriotes. C’est vous dire que les retombées sont nombreuses pour le Mali », tient-elle à préciser.

Bientôt un nouvel album

La crainte de ses millions de fans dans le monde, est que les affaires n’éloignent leur idole de la musique. « Je me suis investie dans beaucoup d’activités ces derniers temps. Ce qui m’a un peu distrait de ma passion. Mais, je compte maintenant me concentrer sur mon prochain album. Et je rassure mes fans qu’ils ne vont plus beaucoup attendre parce que je compte mettre cet album sur le marché en fin 2006 ou en début de l’année prochaine. Ma carrière d’artiste est le plus important de tout ce que je fais. Toutes mes autres activités sont liées à elle », assure la coqueluche du show biz international.

Un prochain album qu’elle a conçu pour poursuivre son combat pour la libération de la Femme. « Il est vrai que la cause de la femme a beaucoup avancé ces dernières années. Mais, cela n’est pas une raison de baisser les bras. Il y a encore beaucoup de choses à faire pour améliorer définitivement les conditions socioéconomiques et politiques de la Femme, surtout de l’Africaine. Les femmes sont aujourd’hui plus éveillées que dans le temps. Elles ne dorment pas et refusent de nos jours de croiser les bras en victimes résignées. Mais, il reste beaucoup à faire pour que la femme puisse réellement jouir de tous ses droits, en Afrique par exemple », se justifie-t-elle.

Une enfance malheureuse

Il est évident pour presque tous les observateurs que des artistes comme Oumou Sangaré ont beaucoup contribué à l’amélioration du statut de la Femme dans leur pays. Mais, l’artiste a le triomphe modeste. « Les résultats obtenus sont les fruits d’une synergie d’actions pour l’émancipation de la femme. Tous ceux qui croient que l’amélioration de la vie de la femme est une condition sine qua none du développement socioéconomique y ont contribué. Donc les avancées ne sont pas à mettre à l’actif des seuls artistes. Ce sont les retombées d’un engagement collectif. Le combat est multiforme (scolarisation, alphabétisation, accès à la santé et aux services économiques, etc.). Ce qui nécessite l’engagement de tous », déclare-t-elle avec toute l’humilité qui la caractérise.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’artiste, sa farouche détermination à créer les conditions de vie de ses sœurs peut paraître troublante. « Mon engagement en faveur de la Femme est lié à mon vécu. J’ai eu une enfance très dure. La polygamie a amené mon père à délaisser ma mère très tôt. J’ai donc beaucoup souffert dans l’enfance. J’ai été témoin des souffrances de ma mère. Et déjà, à l’âge de 13 ans, je me suis retrouvée avec les responsabilités d’un adulte », indique la star mondiale.

Elle ajoute, « les nombreux déplacements de ma mère me contraignaient à jouer le rôle de mère pour mes frères et sœurs. J’étais obligée de me débrouiller pour qu’ils ne manquent de rien. C’est en ce moment que j’ai commencé à chanter pour gagner de l’argent. Cela a forgé ma personnalité, j’ai développé des dons naturels de leader. Et cela me sert aujourd’hui dans toutes mes activités. Je remercie Dieu parce que j’ai beaucoup souffert dans mon enfance et dans ma jeunesse, mais j’en ai tiré une force vitale, un instinct de survie et une farouche détermination de réussir dans tout ce que j’entreprends ».

Mais, aujourd’hui, Oumou est une épouse épanouie, heureuse et comblée par la vie. « Dieu merci, rien ne me manque dans mon foyer. Je suis mère et j’ai un époux attentionné qui ne me crée pas de problèmes dans mes activités. Au contraire, je bénéficie toujours de son soutien. Ce qui n’est pas le cas de beaucoup de mes sœurs », confesse-t-elle.

Prête à tout pour ses protégées

Humble, généreuse, altruiste... ! Voilà les qualités qui reviennent dans la discussion des proches de l’artiste lorsqu’ils vous parlent de la Diva du Wassoulou. Et Oumou ne cesse de prouver qu’elle mérite l’admiration que lui portent ses fans. En tout cas ce ne sont pas ses anciennes choristes, Nabintou Diakité et Halima Touré, qui vont dire le contraire. Leur marraine n’a rien ménagé pour leur donner la chance de réussir à leur tour dans la musique. « Nabintou et Halima n’étaient pas seulement mes choristes.

Elles m’ont été confiées pour leur éducation. Je les considère donc comme mes propres enfants. Et comme toute bonne mère, je ne fais que les accompagner dans la voie qu’elles ont choisie. C’est un devoir pour moi de les aider », souligne la vedette du Wassoulou. Et elle précise, « j’aime naturellement soutenir aussi ceux qui sont dans le besoin. J’ai connu la souffrance et je ne peux pas laisser quelqu’un souffrir près de moi sans faire ce que je peux. Si tous ceux qui ont les moyens faisaient pour les autres ceux qu’ils peuvent, je pense que les Maliens souffriraient moins aujourd’hui ».

Par ses nombreuses initiatives, Oumou Sangaré vient de montrer non seulement le chemin de l’épanouissement socioéconomique aux artistes, mais aussi et surtout la voie de la vraie émancipation sociopolitique et économique aux femmes. Souhaitons donc que son engagement fasse des émules dans ces deux milieux.

« Dans le combat pour notre libération sociale, économique et politique nous avons besoin du soutien de tous. Mais, ce soutien est aussi lié à notre propre engagement. Mon parcours doit être une référence pour mes sœurs. Je n’ai profité ni du soutien d’un père ni de l’appui d’une mère. On n’a rien sans peine. Nous nous battons aujourd’hui pour la scolarisation des filles. Mais, celles qui n’ont pas eu cette chance, de doivent pas croiser les bras en attendant la providence. Avec l’intelligence et la volonté, nous pouvons gagner tous les combats », conseille Oumou à ses sœurs.

Et la célèbre Diva ne cesse d’en apporter la preuve à travers ses nombreuses initiatives couronnées de succès.

Aïssata Bâ

30 juin 2006.