Fatoumata Touré dite Mami, basketteuse : Un talent très prometteur

Aujourd’hui, elle est incontestablement la meilleure basketteuse du Mali. Championne d’Afrique avec le Djoliba et l’Equipe nationale féminine des juniors, Fatoumata Touré dite Mami est récemment revenue de Cotonou avec la couronne de meilleure joueuse. Digne héritière de sa mère, une ancienne star de basket, elle est bien lancée dans une carrière que tout annonce exceptionnelle.

Malgré son apparente timidité, Fatoumata Touré dite Mami est une vraie tigresse sur le plancher. Un vrai ogre qui ne laisse rien échapper. La preuve, c’est que pendant la saison 2005-2006, elle a réalisé le doublé coupe-championnat avec son club de basket, le Djoliba (DAC).

Et lors du 9e championnat d’Afrique des nations juniors de basket qui s’est déroulé à Cotonou au Bénin (du 6 au 16 septembre 2006), elle a survolé adversaires et partenaires par sa classe exceptionnelle. « Mami a été la grande artisane de notre victoire. Sa combativité et sa détermination nous poussaient à nous surpasser. Elle a toujours su nous sortir des mauvaises passes en nous remettant sur le chemin de la victoire », confesse l’une de ses coéquipières.

A 17 ans et élégamment portée par ses 1,78 m, elle est revenue de la capitale béninoise auréolée du titre de championne d’Afrique et surtout la couronne de meilleure joueuse. « Je ne mérite pas plus que mes camarades. Ces sacres ont été en partie possibles grâce à l’ambiance sereine qui a régné au sein de cette sélection nationale. Ce sont des aventures que nous avons entièrement vécues ensemble », dit-elle avec une grande modestie.

Déjà en octobre 2005, Mami avait été sacrée championne d’Afrique avec le Djoliba. Et elle avait été la révélation de cette compétition. « Meilleur espoir » du basket-ball malien au cours de la saison 2004-2005 au Mali, la star en herbe a confirmé son rang de tigresse indomptable.

Pour beaucoup d’observateurs, Fatoumata Touré se positionne dignement dans lignée des Salamatou Maïga, Djénébou Sanogo, Astou N’Diaye, Haméchétou Maïga dite Tanty... Mais, son talent, ses performances ne surprennent pas parce qu’elle ne pouvait qu’être basketteuse.

En effet, sa mère Lalla Tangara (aujourd’hui teinturière spécialisée dans le bogolan) a écrit l’une des plus belles pages du basket-ball malien avec l’AS Réal de Bamako et l’Equipe nationale féminine du Mali. « Elle m’a donné l’amour du basket. Elle ne ménage aucun sacrifice pour me permettre d’atteindre le haut niveau. Je lui dois beaucoup », souligne l’héritière. Il est vrai qu’elle n’a pas encore la finesse et l’élégance de sa mère, mais elle l’a déjà surpassé en palmarès.

La reine d’Afrique est sur une courbe ascendante depuis ses débuts datant de sa tendre enfance. « Elle est montée en puissance depuis le tournoi qualificatif de la ligue mondiale des clubs à Dakar en avril 2005. Très disciplinée sur le plancher et très active sur le cerceau et les interceptions. Elle est bien partie pour confirmer l’adage : telle mère, telle fille », témoigne un confrère sportif qui la suit de près depuis le début de sa carrière au haut niveau, il y a quelques saisons seulement. Et son talent présage d’autres succès.

Pour son entraîneur, Zoumana Traoré, « Mami a une grande marge de progression et elle est sur une courbe ascendante. Elle est favorisée par sa bonne lecture du jeu, sa vivacité et son adresse ainsi que sa rage de vaincre. Dans ses beaux jours, elle est capable de changer le cour du jeu à elle seule ».

Esprit d’initiative, don de soi et repli défensif...sont cités par d’autres techniciens comme les atouts de la star en herbe. Et il n’en faut pas plus pour permettre à Fatoumata de réaliser son rêve, « jouer en NBA (championnat professionnel de basket aux Etats-Unis) ou en Europe. Je veux faire résonner l’hymne national à tout moment en Afrique et dans le monde » !

Aïssata Bâ

06 octobre 2006.