Fada Poulo, talent en herbe, Avocate de l’émancipation féminine

Hissée sur scène par son amour de la musique, Fada Poullo a commencé sa carrière comme choriste. Elle fait aujourd’hui une percée remarquable dans le showbiz national grâce à la sortie de son premier album en février 2006.

« Ma famille ne compte pas de musiciens », indique Fada Poullo, cette charmante créature pour planter le décor de sa carrière musicale.
Accrochée à la musique par passion, elle a été à plusieurs écoles afin de pouvoir réaliser ses ambitions artistiques. « Il m’a fallu des années pour apprendre les différents genres musicaux auprès des stars de la musique malienne et en intégrant de nombreux groupes musicaux pour enfin me frayer un chemin. Ce temps d’apprentissage m’était nécessaire car la voix et la seule volonté ne suffisent toujours pas pour percer dans ce monde de l’art », explique-t-elle.

Il est vrai que, comme elle le souligne si pertinemment, que « la connaissance du milieu musical et des acteurs est aussi nécessaire pour se donner une chance de faire carrière dans le métier ».

Fada Poullo préfère la chanson à la tchatche. Et elle est très douée pour mixer ses textes plein de tendresse ou de mélancolie d’une bande son qui fait plaisir et donne souvent des frissons.

Un talent éloquemment démontré sur son premier album paru sur le marché discographique national en février 2006 avec son titre phare « Dionmagna ». Un coup d’essai qui fait bonne sensation dans les hits de la bande FM du pays.

Cet opus comporte 8 titres évoquant des thèmes variés comme l’attente et la solidarité, l’hypocrisie et l’amour. « Sa musique s’écoute avec bonheur surtout quand elle chante, la voix gorgée de tendresse maternelle », disait d’elle un confrère séduit non seulement par sa musique, sa sublime voix, mais aussi et surtout par son charme angélique.

Déjà engagée, l’artiste dénonce sans ambages les violences faites aux femmes et les conséquences des mutilations génitales féminines. Ce qui fait d’elle une future avocate de l’émancipation féminine.

Dans ce combat noble et exaltant, Fada est déjà soutenue par l’Association malienne pour la promotion et la protection de la famille (l’APDF) et l’ONG suisse d’appui aux femmes.

Comme les autres artistes maliens, la star en herbe redoute la piraterie qui gangrène le métier et annihile tous les efforts des artistes de vivre à la sueur de leur... talent !

« La production d’une cassette pour les jeunes talents est déjà un parcours du combattant. Imaginez encore l’angoisse quand les pirates s’en mêlent. Il faut une synergie d’actions de l’ensemble des acteurs de la chaîne du secteur pour espérer extirper dans nos rangs ceux là qui vivent injustement et impunément du fruit du travail des autres », soutient-elle consciente des limites des actions isolées.

Très sage, la passion de la musique ne l’empêche de se former également. Etudiante en Sciences de l’Education à la Faculté des Lettres, des Arts et Sciences Humaines (FLASH), elle accorde une importante particulière à ses études. Ce qui est signe d’une grande sagesse de sa part parce que, dans la vie, il n’est jamais prudent de mettre tous ses œufs dans un seul et même panier !

Aïssata Bâ (Source : l’Essor)

Décembre 2006.