Femme : La belle-mère, une alliée ou une coépouse

Les brus et les mamans de leurs conjoints sont à couteaux tirés dans de nombreux foyers maliens. L’incompatibilité d’humeur est avérée. Et pourtant tout dans l’environnement familial africain les prédispose à l’entente.

Une "future" respectueuse est protégée bec et ongles par la mère de la fiancée. La belle n’a plus d’yeux que pour cette fille "éduquée, simple". Gare à son fils s’il ose choisir comme épouse une autre femme que la généreuse complice de "Mâ". Une fois le mariage consommé, les masques tombent.

Les deux femmes découvrent le vrai visage de l’une et de l’autre. Le doigt accusateur de "" se pointe sur la bru. Elle devient une sale usurpatrice qui lui vole son enfant.

Les cas de cohabitation houleuse entre les épouses et la mère de leur conjoint sont nombreux à Bamako et dans le reste du Mali. Le plus souvent la vie commune débute dans une certaine amitié. Mais, dans la plupart des foyers à problèmes, l’affection tourne au vinaigre pour des raisons que l’on ignore.

Confidente incontournable, conseillère, alliée, complice et même amie, avant le mariage, la belle-mère est très sollicitée par les copines de son fils. Elle galvanise son fils ou impose parfois à son fils, le choix de sa future complice pour la vie.

L’amie du fils apporte quotidiennement à "Mâ" des petits cadeaux. Lors des cérémonies de réjouissance sociale, lorsque la griotte entonne les louanges de sa belle-mère, la future belle fille distribue des billets.

La tradition cède place au modernisme. Toutes les communautés de notre société se modernisent et se développent maintenant sous l’influence de l’Occident. Les téléfilms, les CD importés accélèrent l’acculturation dans toutes les familles urbaines comme rurales.

Le cliché européen de l’incompatibilité d’humeur entre belle mère et belle fille a semé le trouble dans la relation traditionnelle de ces deux femmes dans de nombreux foyers maliens.

L’autorité sans faille des beaux-parents qui maintient les jeunes mariées sous une permanente tutelle s’émousse de jour en jour. En son temps, la soumission aux beaux-parents était de rigueur.

Mais cette autorité morale incluait un devoir de protection. En général, l’approvisionnement en condiments et en savon incombait à la belle-mère. Mais au grand dam des nostalgiques, cette Afrique-là est en train de disparaître.

Les rapports conviviaux se font de plus en plus rares. Les jeunes couples aspirent à plus de liberté. Ils sont de plus en plus nombreux à "s’arracher" dès les premières semaines de leur mariage au rituel familial.

Ils s’en vont loin des parents, loin de cette cohabitation paternaliste dans lesquels ils ne se reconnaissent plus. Cette soif de liberté ou d’individualisme a fait naître un nouvel esprit qui porte sur l’expression du moi, de l’autonomie personnelle.

Désormais, on est responsable, par rapport à soi, à son conjoint et à ses enfants. Le fils devient autant chef de famille que son père. La "révision" des rapports familiaux se développe à grande vitesse.

Le vieux peuhl Moussa Diallo regrette le changement de comportement des jeunes générations. Ce père modèle constate avec regret qu’une belle époque est morte. "Les familles les plus soudées se disloquent. L’éloignement du premier fils du cercle parental précipite cette difficile relation entre les belles mères et les brus", souligne le vieux Moussa Diallo.

Le patriarche conclut tristement "en s’éloignant du tissu familial les jeunes épouses s’éloignent aussi de l’art de vivre en communauté".

À l’écoute des femmes vivant ce tourment

Les problèmes que génère cette dislocation de la grande famille africaine peuvent conduire des belles filles au divorce.

Mme Samaké Yagaré Diarra est ménagère. L’atmosphère est délétère entre cette épouse et sa belle mère depuis 17 ans. "Ma belle-mère me rend la vie dure. Dieu m’a donné un super mari après des années de solitude et de grosses déceptions d’amour. Il gagne bien sa vie, il est souvent à la maison le soir avec moi. Mon époux est gentil. Mais sa mère me pose problème. Elle est sans arrêt en train de me lancer des piques. Mon mari recommande toujours de me calmer car sa mère est au-dessus de tout. Elle me fait voir de toutes les couleurs. Je me demande en ce moment si je ne me suis pas trompée en épousant son fils. Que dois-je faire ? Elle est épouvantable et je ne me sens pas la force de pouvoir la supporter davantage".

Mme Touré Maïa Doucouré est une ménagère qui vit aussi cette situation. Elle est mère de 6 enfants. Elle explique son cas. "Au début, je m’entendais parfaitement avec ma belle-mère. Elle était toujours à l’écoute du moindre de mes problèmes. Je me sentais gâtée tant elle m’entourait de soin. Plus tard, les rapports ont commencé à se détériorer. Je suis secrétaire de formation. J’avais obtenu un emploi temporaire dans une ONG. Elle a commencé à se plaindre de mes absences. Elle trouvait que mes bonnes ne faisaient pas la cuisine à son goût. J’étais donc obligée de préparer le matin avant de partir au boulot. Ma belle mère ne veut pas manger ces repas, qu’elle traite de nourriture froide. Un jour, elle m’a demandé de quitter mon travail car, disait-elle, "son fils avait suffisamment de moyens pour m’entretenir".
La réaction du fiston désarçonna sa maman. Mais, mon mari lui a expliqué poliment que si toute la famille mangeait toujours à sa faim, c’était aussi grâce à mon apport qu’il appréciait sincèrement. Il n’était donc pas question de m’obliger à quitter mon travail. La vieille mère n’a pas démordu. Des années durant, elle renouvelait sa requête, déployant toujours un argumentaire fourni. Les avertissements de son propre mari n’y ont rien changé. Finalement, ce qui devait arriver arriva. Mon mari quitta le domicile parental pour aller louer un appartement. Depuis lors je suis l’ennemie jurée de ma belle-mère, celle qui l’a séparée de son seul fils
".

La situation vécue par Bintou Diawara est pathétique. Elle serait aujourd’hui célibataire par la faute de sa belle-mère. Elle estime que son mari aussi est coupable pour n’avoir jamais tenu un langage franc à sa mère. "Ma belle-mère a demandé à son fils d’épouser sa nièce. Mon mari a commencé par décliner cette proposition. Elle a fini par le convaincre. Mon dernier accouchement m’avait coûté une trompe. Je ne pouvais plus faire d’enfant. Et comme elle le savait, ma belle-mère s’est mise donc à harceler son fils. Il finira par prendre une seconde épouse. Depuis l’arrivée de ma coépouse, ma belle-mère ne mange plus ce que je prépare. Et mon mari, en parfait ingrat, ne remplissait plus ses devoirs conjugaux envers moi. J’ai fini par divorcer".

La grande famille africaine tient toujours dans la capitale Bamako. Ce combat d’arrière-garde, est illustré par Hadja Oumou Coulibaly, une octogénaire. Mère de 7 garçons aujourd’hui tous mariés nous fait sa confidence. "Quand mon mari est parti en exode, je suis restée au service de mes beaux-parents pendant 19 ans. Je n’ai jamais rechigné aux tâches ni aux invectives quotidiennes. Pires, les autres frères et sœurs de mon mari m’en imposaient tous. Mais j’ai supporté tout ça, parce qu’il est dit qu’une femme soumise est toujours récompensée de son dévouement. Quoi de plus normal donc que mes belles-filles me servent avec autant de docilité ? Mais les filles aujourd’hui refusent cela, elles désirent vivre seules avec leurs maris. Je suis une vraie Bambara, moi, et je n’ai jamais failli à mes devoirs d’épouse ou de bru. Maintenant, c’est mon tour d’être servie. La belle-fille qui refuse de suivre la voie tracée peut partir. Mais mes fils resteront avec moi jusqu’à la fin de mes jours".

La relation entre un grand nombre de belles mères et leurs brus est certes très délicate. Chacune doit mettre un peu d’eau dans son vin pour restaurer une vie conviviale au grand bonheur de la personne qui les unit.

Doussou Djiré

Conseils : À QUOI SERVENT LES BONNES MANIÈRES ?

Le savoir-vivre se perd de nos jours. Pourtant, ça aide d’être poli dans la vie !

Très tôt, on apprend à dire « bonjour, « au revoir », « s’il te plaît », « merci ». Mais avec l’âge, ces paroles s’envolent.

La politesse n’est plus un réflexe. Pire : elle est considérée comme ringarde, réservée aux gens nobles. Et voilà comment les jeunes passent pour être mal élevés !

La faute aux parents ?

Certainement, les parents sont un peu fautifs. Ils s’imaginent que c’est aux enseignants d’éduquer leurs enfants. Ils sont moins dans le dos de leurs enfants à leur faire comprendre que par exemple : il ne faut pas mettre les doigts dans le nez ou encore oublier de dire bonjour à une personne.

La politesse et le savoir-vivre ne sont plus une priorité dans l’éducation. Pour plusieurs raisons (travail, divorce, famille recomposée), les jeunes sont souvent livrés à eux-mêmes, dans leur vie de tous les jours. Ils doivent se débrouiller seuls, ce qui explique certains comportements désastreux.

Merci le progrès !

Et les progrès du monde moderne n’arrangent pas les choses. La télévision est une vitrine de grossièretés. Avec le téléphone portable et le baladeur MP3, les jeunes oublient qu’ils ne sont pas seuls sur terre...

Polis sans chichis

Pourtant, ça aide d’être poli dans la vie ! Pour cela, pas la peine de faire des chichis. Il suffit de suivre quelques règles de politesse élémentaires. Ce n’est qu’à cette condition qu’on peut vivre ensemble, dans le respect de chacun.

Et ailleurs ?

Au Moyen-Orient, roter en fin de repas est un compliment pour le cuisinier. Ça veut dire qu’on a bien mangé. À Hong Kong, éviter de porter du bleu ou du blanc en société : ces couleurs sont associées à la mort et au deuil ! En France, entre amis, on se fait des bises. En Russie, un baiser sur la bouche. Chez les Esquimaux, un frottage de nez. Aux États-Unis, une accolade. En Chine et au Japon, on s’incline.

Au Brésil, c’est impoli de manger avec ses doigts, même un sandwich ! On utilise des couverts ou l’on prend une serviette. En Afrique du Sud, c’est grossier de mettre ses mains dans les poches pendant une conversation. En Chine, il faut manger de tout sans montrer sa préférence et finir son bol de riz. On peut boire sa soupe en faisant du bruit.

Au Mexique, hommes et femmes ont l’habitude de se siffler et de se faire des clins d’œil. Dans les pays islamiques, les mains se trouvent toujours sur la table. On mange avec la main droite. La main gauche est considérée comme impropre, vu qu’elle est principalement utilisée aux toilettes. En Italie, c’est vulgaire de mâcher du chewing-gum.

Source : L’Essor

Décembre 2006.