Sida : La pandémie se féminise avec un taux de 2% contre 1,3% chez les hommes au Mali

Le comité sectoriel de lutte contre le VIH/Sida du ministère de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille a ouvert hier mercredi 28 février 2007, un atelier de formation de trois jours à l’intention du personnel du dit ministère qui sont appelés à former, informer l’opinion nationale sur la situation alarmante du Sida chez les femmes. Mme Diarra Ramata Diarra point focal du comité a réalisé cet atelier grâce à l’appui financier du Projet d’Appui au Renforcement de l’Equité Homme Femme (PAREHF 2) et du haut conseil de lutte contre ce fléau. Le présent atelier vise à améliorer les connaissances des membres du comité sectoriel du département sur la maladie, son mécanisme d’attaque, ses modes de transmission, sa prévention, sa prise en charge et son impact sur le développement.

En thème qui préoccupe le ministère de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille car de même que la pauvreté se féminise, on constate que les IST et le VIH affectent davantage les femmes et les enfants du fait de la vulnérabilité de ces deux groupes cibles due à la fragilité de leur statut socioéconomique et à des facteurs socioculturels.

Ce qui fait que le département en charge de la femme, de l’enfant et de la famille mène depuis 2002 des activités de formation avec l’appui technique et financier de celui de la santé sur les infections sexuellement transmissibles et le VIH/Sida.

Ainsi, au cours de ces activités 150 femmes ont été formées dans les camps militaires du district de Bamako et des régions de Koulikoro, Ségou, Sikasso sur la maladie et la prise en charge des personnes vivant avec le virus.

L’éducation en matière de prévention permet en effet une meilleure connaissance des considérations autour des problèmes de genre. Quelques pratiques traditionnelles néfastes favorisent l’expansion de la maladie telles que les violences sexuelles de plus en plus nombreuses à l’encontre des femmes et des filles, la dépendance économique, politique, et culturelle des femmes.

Ce qui fait que le PAREHF 2 exécuté par le département de M’Bodji Sène et financé par le PNUD et le Grand Duché du Luxembourg vise l’intégration transversale du genre et le renforcement des capacités des femmes.

Coordinatrice du PAREHF Mme Amy Fabou Traoré a dans son discours souligné que "la problématique du VIH/Sida est en effet complexe mais les réponses passent nécessairement par une analyse qui tienne compte des rapports sociaux de genre et des différences de sexe pour avoir des impacts certains ".

Selon l’enquête démographique III de santé au Mali la prévalence de 1,7% donne une estimation de 170.000 personnes vivant avec le VIH/Sida et 45.000 orphelins. Les groupes d’âge les plus infectés se situent dans la tranche de 25 à 29 ans avec une prévalence de 3,2%. Les femmes sont en effet, les plus touchées quel que soit le milieu de résidence (rural ou urbain).

A ce propos Youssouf Sangaré secrétaire général du MPFEF dira que " devant la situation alarmante de la féminisation du VIH/Sida, le département en charge de la femme, de l’enfant et de la famille s’engage dans la lutte contre le Sida conformément aux souhaits exprimés par les plus hautes autorités de notre pays".

Attaher Maïga du haut conseil national de lutte contre le VIH/Sida estime que c’est un sujet très sensible qui touche tout le monde sans exception.

Fatoumata M ah THIAM DOUMBIA-L’Indépendant

Mars 2007.