Penda Diakité : Un as du maquillage

Maquilleuse professionnelle, notre compatriote qui a déjà participé à de nombreux tournages, ne passe pas inaperçue au Fespaco

Le Mali est à l’honneur de la 20è édition du Fespaco. Pas seulement par les films produits par nos réalisateurs mais aussi par ceux sans lesquels les films ne seraient pas ce qu’ils sont comme Penda Diakité, la première maquilleuse professionnelle de notre pays.

Pour sa première participation à ce grand rendez-vous africain du cinéma, elle s’est très vite fait remarquer par les médias et les sergents recruteurs. Elle est ainsi très sollicitée par nos confrères, malgré son léger bégaiement.

"C’est peut-être ma joie de vivre qui attire les journalistes", tente-t-elle d’expliquer devant la frénésie des médias, sans se départir de son éternel sourire enjôleur.

Un front et des pommettes légèrement saillantes encadrent un petit nez. Ce visage agréable s’éclaire de temps en temps d’un sourire éclatant.

Toujours vêtue d’un grand boubou, comme les autres professionnelles maliennes de l’image présentes dans la capitale burkinabé, Penda Diakité ne passe pas inaperçue du fait aussi de sa coiffure appelée Zoumbou chez les Sonrhaï de Gao.

C’est une coiffure à dominante rouge avec deux grandes boucles d’oreilles ornées de gros fils de laine rouge. Des nattes incrustées de petites perles de différents coloris vont du front à la nuque. En milieu sonrhaï cette coiffure est portée seulement par les femmes mariées.

Mordue de l’image, Penda est entrée en 2005 au Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM). Très vite, elle participe à des productions et officie comme maquilleuse dans la série "Kokadiè" de Adama Drabo, le court-métrage "Duel à Daffa" de Ladji Diakité dont le tournage vient de prendre fin, le "Commissaire Balla", une série policière du CNCM, la "Note sexuellement transmissible", le premier opéra africain "L’opéra du Sahel".

La grande silhouette de Penda Diakité est présente sur de nombreux plateaux de tournage. Salif Traoré l’a retenue comme deuxième assistante dans le tournage de "Faro, la reine des eaux".
Penda fut la seule maquilleuse retenue sur le plateau du film "Il va pleuvoir sur Conakry" de Cheick Fantamady Camara.

"On a toujours besoin d’un maquilleur sur un plateau de tournage", explique-t-elle en déplorant la tendance des professionnels africains du cinéma à négliger cet aspect du tournage.

Le maquillage protège, en effet, le visage de l’acteur contre les méfaits des lumières incandescentes des projecteurs. Il permet aussi au réalisateur ou au metteur en scène d’avoir le personnage qu’il souhaite, tout en facilitant le travail du cadreur, ajoute notre interlocutrice.

"Personne ne peut remplacer un maquilleur sur un plateau. Un acteur qui sue à grosses gouttes sur le plateau, par exemple, gêne considérablement le réalisateur. Il faut donc s’arrêter pour nettoyer ce visage. Ni le cameraman, ni l’éclairagiste, le perchiste, encore moins le réalisateur ne peuvent le faire. Il faut forcément un spécialiste pour cela", commente Penda Diakité.

Cette complexité de la tâche explique aussi la variété des types de maquillage que Penda Diakité détaille avec une facilité déconcertante.

A l’école Christian Chevaux de maquillage de Paris en France, on apprend tous les 7 types, explique-t-elle. Il s’agit du maquillage de beauté, celui des effets spéciaux, le maquillage scénique, la caricature, le "body painting", le "face painting" et le "pastiche".

Penda Diakité espère que les nombreux contacts qu’elle a noués à Ouagadougou seront porteurs de lendemains enchanteurs. C’est ce que nous lui souhaitons !

Envoyé spécial Y. DOUMBIA_ L’Essor

Mars 2007.