Mme Sidibé Aminata Diallo : Première malienne à briguer la magistrature suprême

Mme Sidibé Aminata Diallo sera donc la première femme à briguer la magistrature suprême. C’est une première historique dans notre pays. Cette dame très active dans la défense de l’Environnement, est née il y a 50 ans. Professeur à l’Université de Bamako, elle possède un doctorat en aménagement et urbanisme. Elle fit ses études secondaires et primaires à Bamako et décrocha son baccalauréat au lycée Notre Dame du Niger. Elle ira ensuite poursuivre ses études à Dakar au Sénégal et à Toulouse en France où elle obtient son doctorat en 1984. Mme Sidibé Aminata Diallo a été pendant quatre ans assistante à l’université du Burundi (de 1986 à 1989). Elle fut également chargée de programme à l’Unesco (division Eau et Assainissement). Mme Sidibé Aminata Diallo est, périodiquement, consultante pour le même organisme onusien. Comme nous l’écrivions dans une de nos rubriques, contrairement à ce que pourraient penser certains, Mme Sidibé Aminata Diallo n’est pas une illustre inconnue. Professeur à l’Université de Bamako, cette femme est une militante active pour la cause de l’environnement. Elle organise, notamment, des sessions de formation pour les jeunes en faveur de l’assainissement. L’éducation à l’environnement est justement le credo du Rassemblement pour l’éducation à l’environnement et au développement durable (REDD), le parti que préside la candidate. Celle qui entend mettre la préservation de l’environnement au coeur de la campagne, annonce vouloir faire de la politique "concrétiste" qui consiste à sortir des débats théoriques pour s’attaquer concrètement aux vrais problèmes des Maliens.




Question : Mme Sidibé Aminata Diallo, vous êtes candidate à l’élection présidentielle. Quelles sont les motivations profondes qui vous ont incitée à briguer la magistrature suprême ?
Mme Sidibé Aminata Diallo :
La candidature à une élection présidentielle répond à de nombreuses motivations. Tout d’abord il s’agit d’apporter des idées neuves dans le champ politique, des solutions idéales qui nous placeraient dans l’orbite du développement.

Question : De quel projet êtes-vous porteuse pour le Mali ?
Mme Sidibé Aminata Diallo :
Mon projet de societé vise à rétablir un équilibre environnemental et des sécurités durables je suis également porteuse d’un message aux femmes maliennes pour leur dire qu’elles doivent occuper leur place sur l’échiquier politique, prendre la parole et défendre leur point de vue sur toutes les scènes. Je pense avoir atteint un premier objectif qui était de franchir l’étape de la création d’un parti et de faire valider la candidature par la Cour constitutionnelle.

Question : La demande sociale est une donnée importante dans notre pays. Pensez vous que les politiques menées jusqu’ici sont bonnes ou allez-vous en proposer de nouvelles.
Mme Sidibé Aminata Diallo :
Les politiques sociales menées jusqu’à présent ont eu des retombées sur la bonne gouvernance même si l’indice de classification du Mali dit autre chose. Je pense qu’il faut les développer davantage et en prendre de nouvelles pour les femmes et les jeunes. Je compte développer les emplois de proximité dans les _ quartiers pour les jeunes en milieu urbain et valoriser les savoirs ancestraux en milieu rural pour créer des emplois. La lutte contre l’insalubrité à l’échelle nationale va créer aussi des emplois, le développement des micro crédits à un taux intéressant peut toucher une forte population féminine et créer des emplois durables.

Question : La nécessité d’une plus grande représentativité des femmes au niveau des prises de décision, semble rallier les suffrages même si la proposition d’introduire des quotas dans la loi électorale a été rejetée par l’Assemblée nationale. Que comptez vous faire personnellement pour la promotion de la femme ?
Mme Sidibé Aminata Diallo :
La promotion politique de la femme doit être faite par elle même. Je m’engage si je suis élue à mettre davantage l’accent sur l’équité et la complémentarité de la représentation homme/femme dans tous les secteurs, à commencer par la sphère politique qui est la sphère de décision. Je m’engage à faire appliquer les lois et décisions qui existent mais qui sont peu valorisées parce que la volonté politique n’en fait pas une priorité. Je m’engage à insuffler une plus grande dynamique dans les activités politiques et économiques des associations et organisations des femmes. Je suis déterminée à monter à l’échelle avec la promotion politique de la femme.

Question : Au cas où les Maliens vous accorderaient leur confiance, que comptez-vous faire pour le développement des régions du Nord et la consolidation durable de la paix dans cette partie du pays ?
Mme Sidibé Aminata Diallo :
L’insurrection armée à Kidal et à Ménaka a permis de mettre en lumière la situation particulière des régions septentrionales du Mali. Mon combat porte sur la préservation des ressources et la capacité d’un pays aux équilibres fragiles. N’oublions pas que les deux tiers du pays sont situés dans les zones naturelles du Sahara et du Sahel. Comment réduire la dépendance alimentaire du Nord face au reste du pays ? Comment réduire les difficultés des populations du Mali septentrional dans la recherche au quotidien des biens essentiels comme l’eau et la nourriture ? Comment adoucir le quotidien des hommes et des femmes en leur apportant des équipements de proximité, les dispensaires, les écoles, une administration déconcentrée efficace, des hôpitaux, en somme des biens et services de première nécessité ? Le forum de Kidal et ses conclusions devraient permettre de répondre à tous ces défis. La paix reste une valeur sûre pour notre pays et il faut se donner les moyens de la rendre durable Je m’inscris dans la logique de la solution de paix parce que le conflit fragilisera davantage cette région où tout reste à faire. Faire l’économie d’une guerre me semble une stratégie de raison. N’oublions pas que le Sahara, le désert chaud le plus vaste du monde, est devenu un espace très vulnérable. Les pays sahariens, le Maghreb et subsahariens immédiats (Mali, Mauritanie, Niger, Tchad pour l’Afrique de l’ouest) doivent rester très vigilants pour assurer la sécurité de leurs populations. Le Mali doit intensifier la mise en valeur de son espace saharien et sahélien en le reliant au sud par les infrastructures routières et en lui ménageant des ouvertures sur le Maghreb.

Question : Nous avons une communauté importante résidant à l’étranger. Quels sont vos projet pour les Maliens de l’extérieur ?
Mme Sidibé Aminata Diallo :
La communauté malienne résidant à l’étranger est l’une des populations cibles dont j’incarne les idéaux et les aspirations. J’ai milité activement en son sein en France et continue à le faire ici à Bamako depuis 2002. Ma candidature est leur candidature, nous avons élaboré des programmes spécifiques à des contextes spécifiques. Je compte développer ces programmes et projets pour améliorer la participation de la communauté résidant à l’extérieur au développement économique du Mali là ou elle peut valablement être utile et constructive.

Question : Si vous êtes élue, quelles mesures prendrez-vous en priorité dans les 100 premiers jours de votre mandat.
Mme Sidibé Aminata Diallo :
Les premiers jours seront consacrés à la lutte contre l’insalubrité en période des pluies pour lutter contre le paludisme qui tue plus que le Sida. Les chiffres en attestent. Je m’emploierai à développer un programme de subvention des céréales pour en abaisser le prix, à soutenir l’accès des associations et organisations féminines du micro crédit.

L’Essor

Mai 2007.