Tenue vestimentaire des filles à Bamako : Aperçu sur un phénomène dangereux

S’il y a une offense contre toutes les règles de conduite de notre société, contre la morale et les valeurs religieuses au Mali, c’est bien le comportement vestimentaire des jeunes filles d’aujourd’hui. Et si rien n’est fait pour endiguer le fléau, c’est l’avenir des générations futures qui est compromis à jamais.

Il n’est plus permis de marcher, de rouler ou même de s’asseoir dans les rues bamakoises, au risque de tomber en syncope face aux spectacles qu’offrent les jeunes filles bamakoises. Celles-ci, à la place des habits décents, ont préféré l’exhibitionnisme, avec à la clé, les parties intimes exposées aux regards indiscrets aux voyeurs et aux amateurs de chair fraîche.

Une façon pour elles d’être en phase avec leur époque, celle des “bikini”, des “mini-jupes osées”, des “robes collantes ou moulantes”, des “chéri, regardes mon dos mes fesses, mon...” A croire que nous sommes dans l’antre de la déchéance.

Nous sommes dans un pays qui a ses valeurs et ses principes. Pourtant, nombre de ces filles sont encouragées par leurs parents-les mamans surtout- avec des propos flatteurs : “Natogaman, tu es impeccable avec cette robe”, “Ma jolie, ce pantalon te va à merveille”, “Ma chérie, avec cette jupe, les jeunes vont raffoler de toi”. Allahou Akbar !

N’avons-nous pas mieux à brandir à la face du monde ? Qu’en est-il de nos si riches accoutrements, objets de tant de curiosité, en Afrique et ailleurs ? La culture malienne, réputée être si riche tant dans la forme que dans le fond, mérite-t-elle un tel sort ?

A travers l’habillement, on savait que telle femme est mariée, telle ne l’est pas encore. La conduite dans la société, le respect, la confiance, la sagesse, tout s’acquérait par l’habillement qui, en plus d’être un produit de notre culture, constituait aussi une identité, un véhicule et un gage de la pérennité de la tradition.

Comme en est-on arrivé là ?

C’est la question qui interpelle. Pour les jeunes filles, il s’agit d’être “Chic et choc”, un vocabulaire qui ne trouve pas son répondant dans notre culture. Mais s’il s’agit d’être à la mode, on n’a vraiment pas besoin de ces “styles and fashions” venant d’ailleurs.

Avec nos “bogolans” nous pouvons mieux valoriser nos coutumes. Une certaine ouverture peut-être faite aux modes étrangères, mais en conformité avec nos valeurs culturelles.

Comme cause du présent relâchement dans le comportement vestimentaire des jeunes filles, on stigmatise le progrès technologique avec la télévision et les NTIC. Il n’est plus possible de canaliser les enfants de nos jours par la force.

Et pour influer sur le comportement vestimentaire des filles, on doit adopter une méthode pédagogique axée sur le dialogue, la compréhension et les conseils élémentaires.

Il ne s’agit plus, dans ce cas de mépriser les enfants, mais d’essayer de les comprendre et les amener à peser le pour et le contre des conséquences de leur choix.

Adama S DIALLO- Soir de Bamako

Juillet 2007.