Cycle de vie du parasite
L’ingestion d’eau non filtrée peut entraîner l’ingestion de ce parasite hébergé par les cyclopes. L’acide gastrique digère le crustacé, mais pas les larves du ver de Guinée abritées à l’intérieur. Ces larves gagnent ensuite l’intestin grêle puis sont disséminées à l’intérieur du corps.
Pendant les 10 à 14 mois suivants, les femelles s’accouplent avec un ver de Guinée mâle. Le mâle de petite taille (1,2 à 2,9 centimètres de long) disparaît à l’intérieur de la femelle beaucoup plus grande. La femelle à sa croissance maximale atteint une taille de 60 à 100 centimètres et une faible largeur équivalente à celle d’un spaghetti. Après avoir copulé, la femelle donne naissance à des milliers de larves minuscules.
Environ un an après l’ingestion, le parasite se déplace à l’intérieur du corps avant de sortir, le plus souvent au niveau du pied ou par le bas des jambes. Il provoque alors la formation d’un œdème extrêmement douloureux, puis d’une cloque et d’une ulcération. La perforation de la peau s’accompagne de fièvre, de nausées et de vomissements. La maladie peut souvent durer des mois. La surinfection qui peut se former après la sortie du parasite peut immobiliser le malade jusqu’à un an. Des complications peuvent survenir comme le tétanos.
Pour se soulager, le malade rejoindra un point d’eau pour y immerger son pied douloureux. L’eau fraîche en même temps qu’elle apaise la douleur provoque la contraction du ver femelle qui entraîne l’expulsion de centaine de milliers d’embryons qui vont être ingérés par un minuscule crustacé, le cyclope. C’est ce crustacé infecté à son tour qui perpétue le cycle de contamination du point d’eau qui est souvent le seul dont dispose toute la communauté. La dracunculose réapparaît chaque année dans les villages touchés au cours de la saison des cultures et il n’existe ni remède, ni vaccin pour traiter cette maladie mais sa prévention est assez simple (filtrage de l’eau).
Pour les personnes vivant dans des zones éloignées n’ayant pas accès aux soins médicaux, la guérison des ulcères peut prendre plusieurs semaines. Ceci peut être encore compliqué par une infection bactérienne, des raideurs articulaires, de l’arthrite et même des contractures des membres débilitantes et permanentes. Les populations des villages endémiques sont inaptes au travail au plus fort moment des travaux agricoles. Ceci peut gravement affecter leur production agricole et la disponibilité d’aliments dans le ménage, et par conséquent l’état nutritionnel des membres de la famille, notamment les jeunes enfants.
Prophylaxie :
prophylaxie générale :
protection des points d’eau,
construction de puits,
éloignement des animaux,
destruction des cyclops par le Téméphos (ABATE®).
remarque : la dracunculose est la seule endémie parasitaire dont l’éradication est envisageable
prophylaxie individuelle :
filtration de l’eau de boisson (à travers un linge) ou ébullition
Traitement
La méthode traditionnelle qui est encore celle qui est la plus couramment utilisée pour traiter la draconculose consiste à enrouler le ver autour d’un bâton. Le ver adulte est extrait du patient à l’aide d’un bâton à la surface de peau et enroulé autour de la tige de quelques centimètres par jour. Ce processus lent peut prendre plusieurs jours et, dans certains cas, jusqu’à quelques semaines, mais il exige pour éviter la rupture du parasite, de laisser en place une partie du ver.
Il existe des médicaments qui peuvent traiter le malade comme le Thiabendazole (Mintezol®, le Métronidazole (Flagyl®) le Mébendazole (Vermox®).
Le Metronidazole ou le thiabendazole (chez les adultes) est habituellement utilisé en complément de la méthode du bâton et facilite légèrement le processus d’extraction. Cependant, une étude a constaté que le traitement antihelminthique était associé à une migration anormale des vers, ayant pour résultat l’infection dans d’autres zones que les membres inférieurs. Par conséquent, de tels médicaments devraient être utilisés avec prudence.
Le ver peut également être excisé chirurgicalement quand les équipements nécessaires sont disponibles.
Une prévention est facile à mettre en place : il suffit de filtrer l’eau (à travers un linge), ou de la faire bouillir, avant de la boire. Il est également possible de construire des puits profonds.
Distribution de la maladie
Au début du vingtième siècle, la dracunculose ou ver de guinée était commune dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie. On estime qu’il y avait environ 50 millions de cas dans les années 50. Grâce aux efforts ciblés de la communauté internationale et des pays d’endémie, le nombre de cas a été ramené à environ 16 000 en 2004.
Aujourd’hui, on ne trouve plus la dracunculose que dans 11 pays d’Afrique, parmi lesquels le Soudan, le Nigeria, le Ghana, le Mali, le Niger et le Togo. On a enregistré un petit nombre de cas au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Mauritanie et en Ethiopie.
Programme d’éradication de la dracunculose
L’OMS fait la promotion de la campagne d’éradication qui se concentre sur : l’interruption de la transmission de la maladie ; la surveillance des nouveaux cas ; et la certification de l’éradication. Les interventions spécifiques comprennent : l’éducation sanitaire, l’endiguement de la maladie, les systèmes de surveillance communautaire, la fourniture d’eau saine y compris l’utilisation de mécanismes filtrants et le traitement chimique des sources d’eau.
Préparé pour la Journée mondiale de l’Eau. Revu par le personnel et les experts du Groupe organique des maladies transmissibles (CDS) et le Service Eau, Assainissement et Santé (WSH), Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Sources : Wikipédia ; arachosia.univ-lille2.fr ; worldwaterday.org
Juillet 2007.