Ya Kouyaté, cantatrice : L’étoile de Ségou

En deux albums, elle a conquis une notoriété de star sur la scène musicale. Les Diatiguiw la disputent aux mélomanes épris de son charme et de sa sublime voix. Issue d’une famille de griots, Yah Kouyaté est aujourd’hui royalement engagée sur la trace de ses ancêtres.

« Ma mère n’a jamais chanté. Nous sommes une dizaine d’enfants et seule ma sœur aînée, Sadio Kouyaté, et moi sommes devenues chanteuses », rappelle la gracieuse Yah Kouyaté. Tout en elle est charme, grâce et séduction. Mais, elle ne cherche jamais en abuser.

A défaut de sa maman, elle est en train de percer sur les traces de sa grande sœur, Sadio Kouyaté, une célèbre cantatrice dont la notoriété a vite franchi les frontières du Mali. Native de Ségou, Yah est la fille de Bintou Bambera et de Modibo Kouyaté.

Le goût de la musique, c’est sa grand-mère qui le lui a donné. Mais, c’est le style de Sadio qui l’a poussé à épouser une carrière artistique. « J’ai aimé la musique à travers ma grand-mère, Penda Danté, puisque je vivais avec elle. Et quand j’ai grandi, la musique de ma sœur Sadio Kouyaté m’a énormément plu. C’est surtout sa manière de chanter qui m’a poussée à faire la musique », reconnaît Yah à la rondeur éblouissante.

Aussi tendre que reconnaissante, elle ne cesse dire qu’elle doit son succès à sa sœur aînée. « Sadio me soutient énormément. Quand je suis en phase de préparation de mes albums ou en Sumu, Sadio abandonne toutes ses activités et vient m’appuyer. Elle déménage même chez moi. Ensemble, nous faisons des répétions de jour comme de nuit. Elle ne me quitte pas au studio. Son apport m’est inestimable », déclare Yah avec tendresse.

Très tôt, elle devient la coqueluche des nobles de Ségou. « A Ségou, j’étais conviée à toutes les manifestations sociales comme les mariages et les baptêmes. J’étais si sollicitée qu’il m’arrivait de décliner des invitations. Aujourd’hui encore, quand il y a un mariage à Ségou on m’invite et je m’en vais faire la fête », souligne celle qui a aussi su s’imposer dans le cœur des Bamakois. Toutefois, elle pense que « la capitale et la région ne sont pas pareilles. Mais, j’ai le même accueil partout auprès de mes Diatiguis (nobles). Je n’ai jamais regretté d’être venue à Bamako ».

Sur le plan purement musical, elle est aujourd’hui une cantatrice respectable et adorée. Ces deux albums, Djéliya (2005) et Sumbu (2006) l’on propulsé au sommet de tous les hits parades au Mali. Un succès qu’elle prend avec beaucoup de modestie car consciente que, dans la vie, les acquis sont fragiles et qu’il faut se battre pour les consolider. Elle est surtout d’avis que son éducation l’a beaucoup aidé à traverser les épreuves pour se hisser dans le gotha des célèbres cantatrices du pays.

« J’ai été élevée par ma grand-mère et elle a été une école pour moi. Elle m’a appris comment respecter les anciennes griottes, comment accueillir le visiteur. Elle me disait que ce sont les nobles qui donnent et ce sont eux qui se déplacent pour venir chez nous. Donc, il faut leur montrer que ce sont eux qui sont supérieurs et plus importants. Je ne perd jamais de vue ses conseils », nous explique la griotte moderne.

Mère de famille, elle pense que « une chanteuse va mieux avec un musicien ». Après l’échec d’une première union, elle s’est remariée avec un guitariste, Moussa Sissoko. Un mariage qui l’enchante aujourd’hui. « De nos jours, il faut être prudente avec les hommes. Toutefois, je dois dire que mon mari est un bon compagnon dans la vie et il est loyal. Nous venons d’avoir une petite fille. Il me soutient énormément et il est très rigoureux pendant les répétitions et fait preuve d’une grande détermination pour la réussite de ma carrière », nous confesse-t-elle avec un sourire qui en dit long sur l’amour qu’elle porte à son époux.

Heureuse au foyer, Yah ne peut être que resplendissante sur scène pour davantage épater son public. Cette stabilité conjugale est très importante pour cette cantatrice à la voix éblouissante dont le vœu le plus cher est que « mes fans soient fiers de moi ». Un vœu exaucé car peu de griottes rivalisent aujourd’hui avec Yah sur le plan de la notoriété, de la célébrité !

Aïssata Bâ

Août 2007.