Mamou, épouse et mère d’émigrés : Mme Cissé Oumou Ahmar Traoré met le curseur sur un fléau silencieux

Dans un roman intitulé « Mamou, épouse et mère d’émigrés » la chargée de communication du Ministère de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, Mme Cissé Oumou Ahmar Traoré, attire l’attention de l’opinion publique sur un aspect méconnu de l’émigration à savoir la souffrance des femmes et des enfants, les mésaventures des émigrés et l’avilissement du continent africain.

Le très émouvant document, dont le lancement a eu lieu le 22 décembre au Centre Aoua Keita, est dédié au grand frère de l’auteure, Sory Traoré, emporté par les mirages du diamant angolais et à toutes les femmes du Mali.

Préfacé par l’ancienne ministre de la promotion de la femme de l’enfant et de la famille, Mme Diallo M’Bodji Sène, le document est depuis belle lurette dans les différentes librairies de la place, au prix défiant toute concurrence de trois mille (3 000) francs CFA.

C’est grâce à l’apport financier et matériel du Programme d’Appui au Renforcement de l’Equité Hommes/Femmes (PAREHF2), que le document qui a été écrit depuis longtemps, a pu enfin être publié par les éditions Asselar.

Le roman évoque les affres d’une mère, abandonnée par son mari et son enfant, tous fuyant la misère africaine, et reniflant les odeurs de l’eldorado européen, du reste fabriqué à n’en pas douter par un immense matraquage médiatique.

A la cérémonie de lancement le Ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, Mme Maiga Sina Damba, a tout simplement encouragé l’auteure à persévérer dans sa nouvelle démarche, tout en invitant d’autres femmes à lui emboîter le pas.

A. Diakité - L’indicateur Renouveau


Mme CISSÉ OUMOU AHMAR TRAORÉ : "MAMOU, ÉPOUSE ET MÈRE D’ÉMIGRÉS"

Brève présentation :

Originaire de Kébane Soninké, dans le cercle de Nara, Oumou Ahmar Traoré a fait des études de droit à l’ENA d’Alger et de journalisme à l’Institut international de journalisme de Berlin. Recrutée par la Coopérative d’édition et de diffusion Jamana, elle devient rédactrice en chef de Grin-Grin, le magazine des jeunes et membre du comité de rédaction des Échos.

De la France où elle vécut de 1996 à 2002, elle revient avec un DEA décroché à Paris VIII, au département des Études féminines. Durant ce séjour, Oumou Ahmar Traoré travaille à Cauris édition sur les Paris des Africains. Sur offre de l’ex-Première dame du Mali, Mme Adam Ba Konaré, Oumou Ahmar Traoré fut la correspondante de presse du magazine Faro. Depuis 2005, elle est Chargée de mission au ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille où elle s’occupe essentiellement de la communication.

Oumou Ahmar Traoré est fascinée par la rédaction et la lecture depuis l’école primaire. Plus tard au lycée, elle s’inscrit en section lettres. Elle rédige son premier article "La femme et l’adoption", dans les colonnes de la revue littéraire Tabalé du lycée de Jeunes Filles. En classe, elle avait le sourire aux lèvres seulement quand il s’agissait des matières littéraires. Son père, chef d’arrondissement, avait un goût très prononcé pour la rédaction et la lecture, et la jeune Oumou se délectait de ses ouvrages et de ses discours. Aujourd’hui encore, elle reste très friande de lecture et d’écriture même si le temps semble lui manquer.

Selon Oumou Ahmar, le temps est le meilleur ennemi de la femme. La féministe Françoise Quoquery Vidrovich disait en substance dans son livre "Les Africaines", que les Africaines ont toujours manqué de temps pour elles-mêmes au point d’être un peu partout oubliées. Qu’elle soit femme au foyer ou femme travailleuse, la femme a rarement du temps pour elle. Elle doit donner le meilleur d’elle-même aussi bien à la maison qu’au travail. Dans la société malienne, il appartient aux femmes de raffermir les liens sociaux par les tontines, la vie associative et autre forme de regroupement. Aucune femme n’échappe à cette règle. Pour faire une production intellectuelle, il faut obligatoirement du temps.

L’écriture ne peut pas se faire à la sauvette, elle demande de la sérénité et de la disponibilité.

La femme peut-elle s’isoler pour écrire ? Peut-elle se couper du milieu familial et professionnel pour être avec sa plume ? Voilà toute la question, dira Oumou Ahmar Traoré.

L’édition aussi constitue un sérieux frein à l’émergence des femmes en écriture. L’édition a un coût et rares sont les éditeurs qui prennent le risque de mettre de l’argent dans la publication d’un manuscrit dont le succès n’est pas garanti dans un milieu peu favorable au livre et à la lecture.

Ce que Oumou Ahmar pense de La Rentrée littéraire ?

L’institution d’une rentrée littéraire, c’est ce qui pouvait arriver de mieux aux auteurs(es) et à la culture malienne. C’est un vide qui vient d’être comblé. La Rentrée permettra non seulement de favoriser l’émergence de personnes nouvellement venues dans le cercle de l’écriture mais aussi d’offrir une tribune à celles qui sont confirmées. C’est un carrefour, un point de jonction qui vient d’être créé entre les hommes et les femmes de lettres du Mali et d’ailleurs.

Ismaïla S. Traoré & Section presse du Comité d’organisation de la Rentrée Littéraire

Février 2008.