Vie de couple : La belle-mère, son fils et sa bru

Partout dans le monde et plus précisément au Mali, l’homme et la femme qui désirent vivre ensemble doivent se sacrifier à la tradition en quittant leurs parents afin de rester dans les liens du mariage pour le meilleur et pour le pire. Malheureusement, pour certaines femmes, le pire est la présence de leur belle-mère qui, de façon quotidienne, constitue un handicap à l’épanouissement du ménage. Pour certaines familles, la présence de la belle-mère dérange, par contre, d’autres la jugent salutaire et même indispensable. Dans tous les cas, les avis sont partagés.

Le mariage, dit-on, est un château où veulent entrer ceux qui sont dehors et d’où veulent sortir ceux qui sont dedans. Ainsi, pour ceux qui ne sont pas encore mariés, ils pensent y trouver ce dont ils rêvent tandis que ceux qui le sont déjà, découvrent une toute autre réalité.$$

En effet, au nombre des réalités qui meublent le quotidien de nombreuses femmes mariées, il y a l’existence d’une belle-mère qui représente dans bien de cas pour elles un véritable casse-tête. L’ingérence exagérée de cette dernière dans le ménage de son fils, se transforme en un poison dans la vie du couple qui subit les conséquences d’une telle situation. Et les femmes qui sont confrontées à ce problème sont souvent obligées de s’y soumettre malgré toutes les peines qu’elles endurent. Une équation très délicate à résoudre. Quand même, il faudra s’y habituer.

Belle-mère ou coépouse ?

S’il est vrai que de nombreuses femmes redoutent l’arrivée d’une seconde épouse dans leur foyer, il n’en demeure pas moins que certaines belles-mères sont encore plus craintes que le diable en personne. Et pour cause, l’immixtion de ces dernières dans la vie du couple fait toujours tâche d’huile négative, occasionnant des situations difficiles à gérer par les deux époux. Elles développent une antipathie vis-à-vis de leur bru à tel enseigne que cela est ressenti parfois par leurs petits-enfants.

Au pire des cas, elles s’installent auprès du couple afin d’avoir un oeil sur tout ce qui s’y passe. En tant que femmes et mères, elles sont prêtes à ‘‘remplacer’’ l’épouse de leur fils à la cuisine afin de donner à manger à ce dernier. Et généralement, elles n’hésitent pas à mettre la pression sur leur fils afin de prendre que ce dernier prenne une seconde épouse. Parfois sur fond de vengeance ou tout simplement pour faire mal à sa bru, histoire de lui prouver qu’elle est la seule maîtresse à bord. Elles sont prêtes à tout pour avoir la main mise sur le ménage. Pour ces belles mères, la bru est à l’origine de tous les problèmes du ménage et surtout du mari.

Le mauvais comportement des enfants, la non largesse du mari envers ses parents et d’autres petits problèmes sont automatiquement mis sur le dos de la femme. Au regard de ces réalités, la coexistence entre belle mère et bru devient difficile. D’un côté, le couple est divisé face aux innombrables agissements de la belle mère, et de l’autre, chacun cherche la solution qui lui convient. D’où le dilemme dans lequel se trouve l’homme : rupture avec sa maman ou abandon du domicile conjugal. Que choisir entre les deux ?

La peur de perdre

Il n’est plus un secret pour personne que nombreuses sont les mères qui développent un attachement particulier à leur fils et donc une réserve à l’égard de la bru. Dès lors, le fait de voir leur fils aux cotés d’une autre femme attise davantage leur jalousie vis-à-vis de cette dernière, qu’elles considèrent aussitôt comme une ‘‘rivale potentielle’’ qui est venue partager l’affection de leur fils avec elle. Résultat, elles se sentent menacées et mettent en oeuvre plusieurs stratégies pour fragiliser le couple.

Des fois, elles brillent d’ingéniosité dans le but de détourner leur enfant de son épouse. Certaines femmes, pour éviter de telles situations, s’opposent de plus en plus à toute idée de vie commune avec leur belle mère. Néanmoins, cela n’arrange pas pour autant, les problèmes étant donné que ces belles-mères ne restent pas aussi les bras croisés. Elles s’efforcent d’apporter très souvent des coups durs au ménage, ce qui malheureusement ne reste pas sans conséquences.

L’exception qui confirme la règle

Il y a cependant des belles-mères qui sont très appréciées par leur bru et qui arrivent à maintenir des relations cordiales et très saines avec ces dernières. Elles les considèrent comme leur propre fille et, en tant que tel, ne ménagent aucun effort pour leur prodiguer des conseils afin d’entretenir l’harmonie au sein du couple.

Parfois même, ces belles-mères participent efficacement au règlement des différends qui naissent au sein du couple et n’hésitent pas à rappeler leur fils à l’ordre lorsque ce dernier est fautif. Toutefois, ces cas ne sont pas légion. Néanmoins, force est de reconnaître que les belles-mères semblent ignorer leur rôle au sein du ménage de leur fils si tant est qu’elles les aiment comme elles le prétendent.

Un rôle, une place, des missions

Au-delà de toutes les considérations, les relations ‘‘belle-mère-bru’’ sont tenues d’être les meilleures au monde puisque chacune d’elles a un rôle bien déterminé à jouer afin de maintenir une bonne ambiance au sein de la famille. A cet effet, il faut reconnaître qu’une belle mère a le droit et même le devoir d’être auprès du foyer de son fils, pas pour être un élément perturbateur mais surtout pour parer à d’éventuels problèmes qui surviennent quelques fois dans le couple.

Elle doit également essayer d’entretenir au quotidien une bonne ambiance dans le foyer de son fils, ce qui rejaillit forcément sur elle. De son côté, la bru est tenue de traiter sa belle mère comme sa propre mère en lui vouant respect considération, confiance et surtout amour.

Vu tous ces facteurs, de nombreux célibataires qui n’ont pas encore eu l’expérience sont inquiets et se posent constamment des questions sur l’avenir de leurs futurs foyers. Un avenir qu’on ne saura jamais prédire sans franchir le seuil de la ‘‘vie à trois’’. En somme, c’est un mystère qui hante les esprits des futurs couples.

Adama Diarra- Le Pouce

Avril 2008.