Ménopause : Danger pour les rapports conjuguaux !

Cette phase normale dans l’évolution biologique du corps de la femme, met à rudes épreuves la cohésion entre les conjoints.
La période ménopausique est très spéciale pour la gent féminine. Phénomène biologique par excellence, la ménopause signale à la femme une nouvelle vie. Celle de la vieillesse et de la sagesse. La ménopause vient des mots grecs meno (règles) et pause (arrêt). Appelée aussi "âge climatérique", la ménopause est l’arrêt des règles. Ainsi lors de la ménopause la femme ne possède plus suffisamment de follicules. Ils ont été soit utilisés pour le cycle ovarien, soit les cellules folliculaires ont dégénéré sous l’effet du phénomène d’atrésie folliculaire.

La ménopause n’est certes pas une maladie en tant que telle. Mais pour autant, elle est crainte par de nombreuses femmes. Elle est source de mésentente et de conflit dans les foyers. Les sautes d’humeur et les caprices de la femme empoisonnent le climat conjugal. Dans ce dédale entre le mari et l’épouse, chacun défend mordicus son côté. Nombreux sont les hommes à déplorer une dépression chez leur épouse au moment de la ménopause. Ce changement de comportement est de nature à détériorer les rapports dans le foyer.

Le vécu d’Ibrahim illustre cette dégradation. Il est marié à Bintou depuis plus de trente ans. Le couple traverse aujourd’hui les pires moments de leur existence. Jadis paisible et nourri du plus grand amour, le quotidien de Monsieur et Madame se caractérise par la tension qui ne se désamorce pas. Tout acte est sujet de dispute et de remontrance. "Je ne reconnais plus ma femme. Nous sommes mariés depuis trois décennies. Nous étions comme des tourtereaux. Mais depuis quelque temps, pour un oui ou pour un non, elle s’énerve. Et pire, elle est devenue hargneuse envers nos deux filles. Surtout l’aînée avec qui elle ne s’entend plus", confie Ibrahim.

Risque de divorce

Le climat délétère de son foyer amena Ibrahim à confier à son ami ce qu’il appelle son "intimité familiale". Ce dernier lui suggère de consulter un médecin. "Au début je croyais que ma femme faisait une dépression nerveuse. Car elle repoussait de plus en plus mes avances. Mes plaisanteries sur ses rondeurs et sur sa poitrine ne lui faisaient plus ni chaud ni froid. Chaque fois elle me répondait qu’elle en avait ras-le-bol de mes mesquineries. Pourtant auparavant elle me disait tout le temps qu’elle aimait que je lui fasse des compliments. J’ai contacté un gynécologue sur conseil d’un ami. C’est ce spécialiste qui m’a appris que ma femme faisait un début de ménopause", raconte Ibrahim.

Le cas de Ibrahim n’est pas isolé. Tous les foyers traversent cette période un jour ou l’autre. La ménopause entraîne une diminution du libido chez la femme. Les organes génitaux, notamment le vagin, les vulves et l’utérus, s’atrophient, ainsi que les glandes mammaires avec une accentuation du prolapsus. Cette métamorphose suscite un climat de mésentente entre les conjoints. Elle peut déboucher malheureusement sur le divorce. Dans le meilleur des cas, l’homme se résout à convoler en secondes noces au grand dam de l’épouse qui ne remplit pas son devoir conjugal.

La ménopause est crainte par la gent féminine, beaucoup sont celles qui ne s’y plaignent pas. Elles s’y résignent car c’est un passage obligé dans la vie de la femme. Selon Mme Coulibaly, la ménopause ne doit nullement constituée une fracture dans le foyer. "C’est l’une des phases de la vieillesse. Elle intervient après plusieurs années d’union. Alors je ne partage pas l’avis de ceux qui pensent que la diminution de la libido peut avoir une incidence sur les rapports conjugaux. Après trente à vingt années d’union conjugale harmonieuse, qu’y a-t-il à découvrir encore chez le même homme ?", se demande-t-elle.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les hommes ne sont pas indifférents à la détresse de leurs femmes. La période de la ménopause est un moment difficile pour les femmes. Les conjoints doivent leur accorder plus d’attention, tant au plan sentimental que social. Ce soutien est prépondérant dans l’équilibre du foyer. "La femme ne se sent pas marginalisée", confie un interlocuteur ayant requis l’anonymat.

Même si les femmes ne se disent pas affectées au moral, nombreuses éprouvent de l’amertume à l’idée de perdre une partie de leur capacité sensuelle. Elles ont même recours à des méthodes peu orthodoxes. Elles utilisent des produits pharmaceutiques et expérimentent toutes sortes de recettes traditionnelles pour rester désirables. Mais en vain.

Les spécialistes divisent la ménopause en plusieurs étapes

La péri-ménopause ou la période d’irrégularités des cycles menstruels précède la ménopause. L’année qui suit l’arrêt apparent des règles, la post-ménopause, est une confirmation de la ménopause.

La ménopause où l’arrêt de la menstruation intervient à l’âge avancé. Cet âge varie selon les femmes en fonction de l’alimentation, la morphologie où la texture des tissus cellulaires.

Comment se manifeste-t-elle ?

Il y a plusieurs signes extérieurs, explique Madiba Sissoko, médecin de son état. La grosseur des seins, la rondeur de la femme (sensation de ventre gonflé et ballonné), la constipation, la fatigue générale ou même l’insomnie (en pleine nuit), les maux de tête constituent des symptômes de la ménopause, indique-t-il.

Quand elle intervient, la ménopause peut également entraîner l’assèchement du vagin et le réchauffement du corps de la femme. Il arrive le plus souvent que la femme change également d’humeur. Elle devient peu aimable et le plus souvent s’énerve pour un rien. La ménopause n’est nullement en soi une maladie ou une gêne quelconque pour la femme nécessitant un traitement curatif. Elle fait plutôt partie intégrante de l’évolution du corps de la femme.

COMPENSER L’INSUFFISANCE DES SÉCRÉTIONS

Cependant il existe un traitement hormonal substitutif de la ménopause. Ce traitement permet de compenser l’insuffisance des sécrétions ovariennes d’œstrogènes et de progestérone responsables de troubles à court et à long terme. Ce traitement est efficace sur les symptômes de la ménopause et sur la prévention de l’ostéoporose. Théoriquement les œstrogènes ont également un rôle protecteur sur le coeur.

Ce procédé était largement utilisé auparavant dans les pays industrialisés notamment aux États-Unis jusqu’à une date récente. Une étude ayant mis en avant l’absence de bénéfice en terme de maladies cardio-vasculaires et une augmentation du risque du cancer, de survenue d’embolie pulmonaire et d’accidents vasculaires cérébraux, dépassant le bénéfice d’un taux moindre de fracture du col du fémur. Cependant des doutes persistent sur l’applicabilité de cette étude à toute forme de traitement substitutif ou seulement à celle qui a le plus cours dans le monde.

La ménopause entraînerait l’augmentation du risque de cancer du sein, lié aux traitements hormonaux. Cette hypothèse a été affirmée par une publication de l’OMS et a trouvé un étayage au travers de la diminution de l’incidence du cancer du sein en Europe, notamment en France et aux USA à peu près contemporaine de la chute des ventes des traitements hormonaux après la publication de l’étude de l’instance mondiale en 2002.

Chez les femmes plus jeunes (la cinquantaine), le risque de maladie cardio-vasculaire semble, au contraire, équivalent ou plus faible. De même, les artères coronaires (irrigation du coeur) seraient moins calcifiées chez ces femmes. Ce qui constitue un indice favorable. L’ensemble de ces éléments plaide pour une durée limitée du traitement hormonal mais la durée optimale reste encore à déterminer.

L. DIARRA - L’Essor

Avril 2008.