Mme DIARRA Haoua, Ingénieur Elevage

Mme DIARRA Haoua BA, 49 ans et mère de famille est l’une de ces femmes ingénieurs qui ont fait carrière, notamment dans la branche "Elevage". Interview de Musow...

Voulez-vous bien vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis Mme DIARRA Haoua BA, 49 ans, mère de trois enfants. Ingénieur Elevage, diplômée de l’Institut Polytechnique Rural de katibougou de la promotion 1982-1986, je suis actuellement coordonnatrice de terrain pour les activités du programme « Sécurité des moyens d’existence » de Plan Mali.

Parlez-nous un peu de vos débuts ?
A la fin de mon cycle, avec l’appui de Office de la Main d’oeuvre et de l’Emploi, une vingtaine de jeunes femmes diplômées toutes spécialités confondues se sont organisées autour d’un programme de santé familiale et d’assainissement. C’est de là qu’est née la Coopérative des Femmes pour l’Education, la Santé Familiale et l’Assainissement (COFESFA) en 1989 dont j’ai été la première présidente.
Nous étions organisées en équipe et nos activités consistaient à superviser la collecte des ordures ménagères et à faire des animations auprès des ménages sur la santé maternelle et infantile dans le quartier de Médina coura.

Suivi du projet de maraîchage des femmes du village de Namorila/konitonoma
Nous ambitionnions l’épanouissement des membres, si bien que la coopérative a autorisé la recherche du travail pour les volontaires. Ainsi je me suis retrouvée à l’ONG Plan Mali où j’ai travaillé avec les communautés successivement comme consultante chargée du suivi des activités génératrices de revenus, chef de zone, assistante au manager de l’Unité de Programme Kati, et de nos jours, je coordonne les activités du programme Livelihood Security de la même ONG (Amélioration des moyens d’existence des quatre unités de programme de Plan mali qui sont Kati/Sanankoroba, Kangaba, Kita, Baroueli).
Echange avec les leaders impliqués dans la gestion du projet de maraîchage des femmes du village de Konitonoma/Namorila
L’objectif du programme que j’anime est l’augmentation du revenu des ménages pour mieux prendre en charge les besoins des enfants.
Les activités sont entre autre la promotion de EPC/AVE&C (Epargner Pour le Changement/Association villageoise d’Epargne et de Crédit) des AGR (Activités Génératrices de Revenus) et le renforcement de capacité des OCB (Organisations Communautaires de Base).
Je constate que vous être très investie dans la religion…
Si vous pouviez savoir combien j’aurai voulu pouvoir réciter beaucoup de sourates et animer des conférences sur l’islam ! De nos jours la compréhension de la religion musulmane me préoccupe beaucoup.
J’ai tendance à marquer toutes mes actions d’une couleur religieuse surtout l’éducation des enfants. Cela ne va pas sans de petits conflits à l’interne qu’il faut aussi surmonter.
J’ambitionne aussi de bien faire tout ce que je fais.
Pourquoi avez-vous choisie de devenir ingénieur élevage ?
L’adhésion aux activités agropastorales était bien prise dans mon environnement familial. J’ai pensé que je pouvais apporter un plus en étudiant dans le domaine spécifique de l’élevage et bien gagner ma vie sans prétendre être une salariée.
Quel message avez-vous à transmettre aux jeunes qui veulent embrasser un jour votre profession ?
Notre pays a besoins de beaucoup de techniciens et d’ingénieurs pour réaliser son développement. Le secteur est loin d’être saturé. Ils pourront se mettre au service de l’Etat et à défaut faire leur promotion dans le secteur privé
Vos activités en dehors du travail ?
Rendre visite dans la grande famille où vivent les parents relativement âgés qui ont toujours besoin de la compagnie de leurs enfants. La participation aux activités sociales, l’entretien de ma maison et la lecture du coran autant que je peux.
Avec la montée des prix des denrées alimentaires , est ce que vos habitudes alimentaires ont changées ?
Ce n’est pas facile de changer les habitudes alimentaires mais la tendance à la restriction reste aux aguets.
Que pensez vous du conflit qui secoue le nord de notre pays actuellement ?
Les attaques du 06 mai me font dire que la rébellion a quitté son domaine habituel et est entrain de s’étendre. Quel est le mobile de cette extension je ne sais pas. Je pense que si des dispositions conséquentes ne sont pas prises rapidement nous pourrons assister à des situations fâcheuses pour toute la population malienne
Le mot de la fin…
Je remercie le magazine "musow" de m’avoir donné cette opportunité de communiquer avec les lectrices sur ma modeste personne. J’invite les jeunes à être persévérant dans les études et dans toutes les actions qu’ils entreprennent. Un bon apprentissage donne toujours un bon résultat.
Vu la faible offre du marché de l’emploi, il est important de bien s’accrocher à toutes les bonnes opportunités qui s’offrent à soit pour gagner sa vie.

Bonne continuation à Musow……

Propos recueillis par Safoura Safy Traoré.