Hadiza Oumarou Djido, une militante nigérienne

A 36 ans, Hadiza Oumarou Djido compte, sans doute, parmi les femmes les plus connues dans le monde associatif ouest-africain. Cela, cette belle nigérienne au parcours militant plein de promesses, le doit à sa capacité d’écoute, à son capital de relations dans les multiples associations de jeunes et de femmes dans la sous région ainsi que sa grande disponibilité. Mère de trois enfants, épouse d’un professeur de l’université de Niamey et fille d’un ancien homme politique, Hadiza est professeur de français, d’histoire et de géographie de Collège d’Enseignement Général.

Sortie de la fac de pédagogie de l’Université de Niamey en 1988, cette enseignante amoureuse de son métier prit en 1998 une disponibilité qu’elle mis à profit pour conduire un programme de formation initié par l’Institut Kilimandjaro du Bénin sous la direction de l’actuel ministre béninois du commerce de l’industrie, des petites et moyennes entreprises, du développement communautaire et de la promotion de l’emploi, Mr Lazare SEHOUETO. Sous le financement du bureau de la coopération suisse, le programme de formation des jeunes leaders qui vit le jour au Niger fut aussi dirigé par Hadiza pendant deux ans.

Au CG 12 de Niamey, le dernier collège où elle exerça, Hadiza avec l’appui de certains collègues mit sur pied une troupe de théâtre, de chant et de ballet. Cette troupe créée en 1993 entama en 1996 des échanges interscolaires dont le plus marquant fut une tournée à Lomé, dans la capitale togolaise. La vie associative, Hadiza l’aura très tôt entamée. Déjà en 1991 elle faisait partie des femmes nigériennes qui marchèrent pour réclamer une plus grande représentativité de la gente féminine dans les travaux préparatoires de la conférence nationale du Niger. « La grande marche historique du 13 mai 1991 », comme on appela alors cette date au Niger, fut désignée journée nationale de la femme dans cet immense pays du Sahel. Mme Oumarou qui est l’une des rares nigériennes à avoir participé à la marche mondiale des femmes de New York en octobre 2000. Membre fondatrice des ONG comme le Centre Africa Obota-Niger et SOS Civisme, syndicaliste et femme politique.

Parcours politique... Sur le plan politique Mme Oumarou est membre du parti de l’actuel président de l’Assemblée Nationale, de la CDS (Convention Démocratique et Sociale) depuis 1993, elle occupe le poste de chargée des affaires sociales de sa cellule de base ainsi que des questions électorales. On évoque Hadiza au Niger comme une de ces rares femmes qui osèrent lire des déclarations publiques radio télévisées dénonçant le feu président Baré, ou comme conceptrice de nombreux spots des campagnes présidentielles de 1996 et 1999.

Femme sans complexe... Hadiza ne perçoit pas son statut de femme comme un handicap dans l’exercice de ses responsabilités. Si elle a adhéré les grands regroupements avec l’accord de son mari, auquel elle avoue que ses grands déplacements ont très tôt déplu. Mais la Nigérienne trouva l’astucieuse formule pour se maintenir sur son champ favori, et préserver son mariage en enrôlant son époux dans la vie associative. Dorénavant, Hadiza et son époux partagent les activités du centre Africa Obota du Niger, dont Monsieur Oumarou est aujourd’hui le chef du département "culture et histoire". Si Oumarou Amadou Idé, l’enseignant -chercheur en histoire et archéologue de l’université de Niamey et de l’IRSH (Institut de Recherche en Sciences Humaines) retrouve plus souvent sa femme sur le même champ d’activité, les enfants de la famille Oumarou, quant à eux, se satisfont de leur inscription dans les bibliothèques et centre de jeux, dernière astuce d’une mère qui s’efforce en vain de s’offrir le maximum de temps possible à ses plus chers êtres, ses enfants.

L’avenir... L’enseignante, la militante, l’épouse, Hadiza Oumarou Djido veut aller encore et toujours plus loin. Pour ce faire, elle a, entre autres, retrouvé le chemin de l’école, l’Institut Nationale des Sciences de l’Education du Togo pour approfondir ses connaissances scientifiques. Ce pays qui l’a connu hier jeune enseignante accompagnant une troupe théâtrale redécouvre aujourd’hui Hadiza en quête de savoir, mais aussi une militante accomplie venue offrir son expertise à des organisations locales.

Propos recueillis par Labass Diallo - 2002