Femmes et malnutrition

Des expériences ont démontré que la malnutrition chez les femmes se manifeste au niveau des macronutriments et/ou des micronutriments. Un grand nombre de femmes, surtout dans les pays en développement, ont un poids insuffisant ou une petite taille. Diverses carences en micronutriments tels que le fer, l’iode et la vitamine A sont très répandues chez les femmes dans de nombreuses régions du monde. Les femmes sont vulnérables à la malnutrition pendant tout le cycle de la vie tant pour des raisons biologiques que sociales.

Prime enfance de 0 à 24 mois : La plupart des petites filles vivant dans les contextes pauvres ne reçoivent pas un allaitement optimal lors de la petite enfance, leur alimentation complémentaire est irrégulière et insuffisante tant du point de vue qualité que quantité et elles souffrent d’infection fréquentes. Un tel manque nutritionnel pendant les deux premières année de la vie se traduit par des conséquences négatives immédiates et à long terme sur la survie, la croissance, le développement et la productivité de la femme.

Enfance de 2 à 9 ans : A l’âge de deux ans, un grand nombre de petites filles qui ont survécu un tel stress nutritionnel connaissent des retards de croissance qu’elles auront du mal à rattraper par la suite. De plus dans certaines parties du monde il existe une discrimination à l’égard des filles qui reçoivent moins de nourriture et qui ont moins accès aux soins de santé et à l’éducation.

Adolescence de 10 à 19 ans : Pendant l’adolescence, les filles connaissent une rapide croissance physique et maturation sexuelle avec toutes les demandes que cela entraîne du point de vue nutritionnel tant au niveau des macronutriments que des micronutriments ( surtout le fer). Les adolescents ont une poussée de croissance juste avant le début de la menstruation et elles continuent à grandir par la suite. La croissance linéaire, surtout celle des os longs, n’est achevée qu’à l’âge de 118 ans et la masse osseuse atteint son niveau maximum à l’âge de 25 ans. Une adolescente mal nourrie dont la menstruation est tardive risque d’atteindre sa taille finale uniquement à l’âge de 23 ans et, par conséquent, elle peut concevoir avant que le développement de son corps ne soit terminé. De plus, le canal de la naissance se développe plus lentement que la taille et n’atteint sa dimension naturel que deux ou trois ans après l’achèvement de la taille. La grossesse expose les adolescentes à un risque accru de malnutrition (puisque le foetus a besoin de micronutriments de la mère), de complication liée à la grossesse et d’autres conséquences graves au moment de de la naissance (y compris le décès). La grossesse précoce aggrave le cycle de la malnutrition maternelle de deux manières :

Directement, suite au risque accru d’insuffisance pondérable à la naissance pour le bébé.
Indirectement suite à l’arrêt de croissance prématuré chez la mère.
Grossesse et allaitement : Dans la plupart des pays en développement, les femmes passent une partie importante de leurs années fécondes enceintes, allaitantes ou les deux. Mc Guire et Popkin (1990) estiment qu’en moyenne, les femmes en Afrique et en Asie entre l’âge de 15 et 45 ans sont enceintes ou allaitent 30 à 48 % de leur temps. La grossesse et l’allaitement comportent de multiples demandes nutritionnelles pour soutenir le développement du foetus et la production de lait. Ces besoins nutritionnelles complémentaires dus à la grossesse et à l’allaitement se manifestent tant au niveau des macronutriments que des micronutriments. Des naissances rapprochées, un équilibre énergétique négatif et des carences en micronutriments peuvent mener à ce qu’on appelle le syndrome d’épuisement maternel. Le stress nutritionnel atteint son maximum quand une adolescente est enceinte ou qu’elle allaite.

Sur toute la vie : La plupart des femmes vivant dans des pays en développement connaissent tout au long de leur vie divers problèmes biologiques et sociaux qui accroissent le risque de malnutrition. S’agissant des conditions suivantes :

Insécurité alimentaire
Régimes alimentaires inadéquats
Infections répétées
Parasites fréquents
Soins de santé inadéquats
Lourdes charges de travail
Inégalité entre les sexes
A en croire les spécialistes de la santé, la croissance normale de tout enfant dépend de la nutrition maternelle. Les mères ont le devoir d’allaiter leurs enfants afin de les protéger contre certaines maladies qui ne font qu’accroître le taux de mortalité.

Ossan Konaté
source "Le Malien" n°171