Glaucome : la cécité en douceur pour plus de 500 000 maliens - le cri d’alarme

Quand on pose la question à bon nombre de personnes, toute catégorie sociale confondue, à savoir qu’est ce que le glaucome ? beaucoup vous disent qu’il s’agit probablement d’une maladie contagieuse qui s’attaque à l’œil.
De glaucome en effet, on en a beaucoup parlé lors du dernier congrès de la société française d’ophtalmologie tenu à Paris au mois de mai 2002.

Définition
Le glaucome n’est pas du tout une maladie contagieuse mais il comporte sûrement un caractère héréditaire ; en réalité, la définition la plus pessimiste et probablement la plus réaliste consiste à dire que le glaucome est une neuropathie optique chronique, donc une maladie qui provoque une atrophie du nerf optique, et qui conduit à une cécité irréversible en absence d’un traitement adéquat, et établi à temps.

Les causes
La cause principale de cette atrophie progressive du nerf optique est liée à une augmentation, souvent aiguë, de la pression à l’intérieur de l’œil au-delà de la pression physiologique tolérée par l’œil humain qui est de 20 mm de mercure.

En Afrique, et au Mali en particulier, cette pathologie grave concerne 4 à 5% de la population sans discrimination de sexe, d’ethnie et d’âge. Ces résultats sont d’ailleurs conformes au résultat des autres études réalisées dans d’autres pays d’Afrique et même chez les populations noires d’origine africaine des Etats Unis d’Amerique. Au Mali, sur une population de plus de 10 millions d’habitants, il existe plus de 500 000 personnes atteintes de glaucome et donc en terme plus pratique, il existe plus de 500 000 aveugles potentiels en un temps plus ou moins long en absence de traitement ; ce qui pose un vrai problème de santé publique mais aussi et surtout un vrai désarroi au sein de nombreux foyers.

Examen clinique

mesure à plusieurs reprises de la pression intra oculaire,
examine de l’excavation du nerf optique
quantification l’altération visuelle avec examen du champ visuel.
Traitement

Après examen, il reste à établir le traitement le plus adapté pour chaque patient. Le traitement du glaucome peut être soit médical par instillation de collyres ou soit chirurgical. Ce traitement est d’ailleurs bien codifié et ne peut être en aucun cas soit suspendu, modifié ou abandonné sans l’avis du médecin ophtalmologiste.

Le traitement le plus efficace et surtout le plus accessible à tous consiste dans la prévention précoce, dans la mesure que malgré son caractère redoutable, le glaucome évolue lentement, avec une symptomatique très timide hormis quelques troubles visuelles accompagnées de douleurs que bon nombres de patients confondent bien volontiers avec la fatigue oculaire.

Au Mali, comme partout ailleurs, la majeur partie de ses glaucome sont dépistés lors d’une banale consultation chez des patients qui consultent pour une baisse de l’acuité visuelle en vision de près (lecture) surtout vers l’âge de 40 ans. Ces patients bénéficieront ainsi (à condition naturellement qu’ils se fassent consulter par un médecin spécialiste en ophtalmologie) de la possibilité d’établir un diagnostic précis et d’un traitement adéquat et précoce.

Il est souhaitable de pratiquer un premier bilan avant l’âge de 40 ans et le reprendre chaque année lorsqu’il existe des facteurs de prédisposition qui augmentent le risque de glaucome comme :

le diabete,
l’hypertension artérielle,
la myopie forte,
la présence de glaucome chez d’autres individus de la même famille.
Ce cri d’alarme me parait donc bien justifié, même si le glaucome n’est pas la première cause de cécité dans notre pays, mais elle représente sans nul doute la plus dramatique soit pour le patient et surtout pour son médecin qui très souvent ne peut que se contenter de réconforter un malade qui souvent apparaît très déprimé.

Docteur Claude Bernard Oumar Camara
Ophtalmologiste, Cabinet Yeelen Hamdallaye ACI